Il avait fallu attendre le mois de décembre dernier pour que la ville de La Louvière présente son plan de relance. Au total, sur l’enveloppe de huit millions d’euros, la majorité PS-Ecolo avait prévu d’en dépenser la moitié en 2021, tandis que les quatre autres millions constitueraient un bas de laine jusqu’à la fin de la mandature, en 2024 donc. Une façon de faire qui n’a pas spécialement convaincu la tutelle, qui a rappelé la ville à l’ordre.

"Notre projet de budget est réformé, principalement dans le cadre d’opérations liées au plan de relance", a expliqué au conseil Jacques Gobert (PS), bourgmestre. "Aucune dépense envisagée n’a été remise en cause, c’est le mode de financement qui doit être adapté. Il y a trois types d’interventions de la tutelle : des corrections techniques, des corrections liées aux dépenses d’investissements, et finalement, la requalification de certaines dépenses."

La tutelle a notamment reproché à la ville d’étaler l’utilisation du budget "plan de relance" sur plusieurs années. "Nous voulions constituer une réserve financière pour faire face aux besoins de la population au-delà du 31 décembre 2021, sachant que l’onde de choc et les besoins de relance ne se font pas nécessairement sentir cette année. Nous contestons auprès de la tutelle la remise en question de cette pluri-annualité et attendons un retour du ministre."

En réalité, l'on apprenait que la majorité avait prévu dans son plan de relance une série d’investissements et de dépenses pour le moins étonnantes. Citons la création d’un réseau de bénévoles pour aider les personnes fragilisées et identifier les besoins (5000 euros), des ateliers de chant (2000 euros) ou encore l’organisation d’échanges de jeunes avec les villes jumelées (5000 euros). Les primes à l’acquisition de vélos (20 000 euros) et la gratuité de la location de vélos de la ville ont également été considérées comme "ne faisant pas partie d’action de relance économique."

Un rappel à l’ordre qui a semble-t-il rassuré Xavier Papier (CDH). "On peut se réjouir de constater qu’un ministre fasse comprendre à la ville qu’un plan de relance a vocation à soutenir ceux qui sont en difficulté et non pas à organiser des cours de chant ! On emprunte sur les générations futures, et c’est important de le faire, mais nos jeunes ne le comprendront que si ce n’est pas fait pour des dépenses futiles."

Par ailleurs, le fait que la ville confie la gestion de son plan de relance à l’asbl L² et engage du personnel (deux équivalents temps plein, 110 000 euros) pour ce faire a également été pointé du doigt par la tutelle. "Je pense que les indépendants, les commerçants, le secteur horeca doivent tomber de leur chaise en apprenant que l’argent du plan de relance est utilisé pour autant de choses inutiles, et qu’L² n’a même pas encore les ressources humaines nécessaires à la gestion de ce plan…", ajoute Xavier Papier.

Jacques Gobert a quant à lui réaffirmé "sa volonté de maintenir le cap avec cette asbl" qui "offre davantage de souplesse et de réactivité pour s’adapter aux besoins et problèmes constatés sur le terrain."