Ces dernières années, la précarité menstruelle a de plus en plus souvent été mise sous les projecteurs. Le sujet reste pourtant encore tabou, bien que l’on estime qu’en Belgique, plus de 250 000 femmes soient concernées par cette réalité. À La Louvière, le CPAS a décidé de prendre le taureau par les cornes en lançant la carte Jeanne, un outil permettant aux femmes précarisées d’accéder gratuitement et chaque mois à des produits d’hygiène.

Aujourd’hui, la volonté d’étendre ce projet est affichée. À la faveur d’une interpellation d’Anne Lecocq (PTB), le président du CPAS de la Cité des Loups, Nicolas Godin (PS), a confirmé que la réflexion était menée au sein des écoles de l’entité. À ce stade, il est cependant encore bien trop tôt pour dire sous quelle forme cette aide pourrait être matérialisée. "Nous ne sommes pas persuadés que la carte Jeanne soit la meilleure solution", explique le président.

"Elle a du sens dans les structures sociales, beaucoup moins dans les écoles, où elle pourrait être vue comme une démarche assez stigmatisante. Mener la réflexion n’est pas simple car l’ouverture des écoles n’est pas assurée et qu’il n’est donc pas évident d’obtenir des retours concluants. Ceux que nous avons jusqu’ici nous parviennent des directions, mais nous voudrions évaluer correctement les besoins des étudiantes concernées."

Par ailleurs, le CPAS ne pourra pas mener seul ce combat contre la précarité menstruelle. "Les pouvoirs organisateurs (PO) doivent prendre leurs responsabilités, tout ne doit pas reposer sur le CPAS. Malgré tout, nous sommes désireux de pouvoir proposer quelque chose. Nous regardons un peu ce qui se fait à gauche et à droite. Nous avons évoqué l’idée d’un distributeur, d’un petit magasin,… Notre position n’est pas encore définie."

Nicolas Godin se donne quelques mois pour revenir avec des propositions plus concrètes. Le projet concernerait dans tous les cas aussi bien les écoles secondaires que supérieures. À ce jour, au niveau de la carte Jeanne, les effets semblent bénéfiques. La trentaine d’opérateurs associés à la démarche semblent convaincus par la nécessité de pareil projet. Ce dernier sera cependant encore évalué et peut-être amené à évoluer en fonction des besoins et demandes.