Son apparition dans les rues louviéroises en octobre 2018 avait déjà fait grand bruit. Sa possible remise en fonction après une période d’arrêt risque bien d’en faire autant. Ce mardi soir, le conseil communal de La Louvière sera appelé à se prononcer sur le protocole d’accord relatif à l’utilisation de la scancar, un véhicule qui scanne les plaques d’immatriculation afin de s’assurer du bon respect des règles de stationnement.

Pour le PTB, envisager de remettre en circulation ce véhicule est inconcevable. "Nous refusons que cette machine à PV soit remise en circulation", insiste Antoine Hermant (PTB), conseiller communal. "De manière plus générale, nous condamnons cette politique de parkings payants et de chasse aux contrevenants. Ce n’est pas aux travailleurs de payer pour remplir les poches des actionnaires de la multinationale QPark, alors que la majorité PS-Ecolo ne propose aucune réelle alternative de transports publics pour pallier le problème de stationnement en ville."

Le groupe d’extrême gauche a d’ailleurs lancé une pétition pour s’opposer à l’utiliser dudit véhicule. "Visiblement, la majorité n’a pas entendu la volonté des citoyens. Ou plutôt, elle a refusé d’écouter. Pourtant, il suffit de tendre l’oreille pour constater à quel point la crise du coronavirus impacte les travailleurs louviérois et les petits commerçants. Les parkings payants et le climat de répression qui pèse sur les automobilistes louviérois constituent un frein supplémentaire."

Et de poursuivre : "Ces mesures pénalisent encore davantage les Louviérois qui souhaitent privilégier le centre-ville pour effectuer leurs achats. En cette période de crise sans précédent, nous devrions concentrer toutes nos forces pour soutenir les petits commerçants, et encourager les citoyens à se rendre dans le centre-ville." Pour le PTB, aucune alternative convaincante n’existe à ce jour pour permettre aux citoyens de délaisser la voiture.

"Nous voulons que la Ville mise sur des transports en commun accessibles, performants et à heures régulières", ajoute Livia Luma, conseillère communale. "C’est comme cela que nous pourrons nous attaquer sérieusement aux problèmes de stationnement, et combattre le réchauffement climatique. Pas en allant chercher l’argent dans la poche du contribuable, sans lui proposer d’alternative viable." Les interventions de l’opposition, lors du précédent conseil communal, avaient permis de clouer au parking le scancar.

Son utilisation avait été suspendue sur décision du collège communal, qui s’était engagé dans de nouvelles négociations avec City-Parking. Des failles avaient été mises en avant, notamment en matière de véhicule appartenant aux personnes à mobilité réduite. La majorité réclamait ainsi la présence d'une personne, qui viendrait déposer la contravention sur le pare-brise. Visiblement, la scancar tiendra désormais compte des cartes PMR et résidents afin que leurs titulaires ne soient plus injustement verbalisés. Une avancée, certes, mais qui ne convainc toujours pas l'opposition ou les citoyens.