Tous ne seront pas en mesure de fournir à la ville les informations relatives à la charge de leurs structures.

Dans la Cité des Loups, le carnaval se prépare. Et qui dit carnaval dit forcément fête foraine ! Entre le 21 et le 24 mars prochain, les forains s’installeront sur la place Maugrétout et offriront un peu de bonheur aux plus jeunes… Comme aux parents. C’est du moins ce qu’ils espèrent. À un peu plus d’un mois de la foire, tous ne sont pas rassurés. Ils craignent en effet de ne pas pouvoir répondre aux exigences de la ville.

Dans un courrier, les autorités réclament en effet des informations relatives aux charges qui devront être supportées par la place. Problème, les données réclamées sont très techniques et pour certains forains, il sera impossible d’y répondre. "Nous sommes présents depuis des années et c’est la première fois que l’on nous demande cela", regrette Anthony Mastrovalerio, président de l’union des industriels forains belges.

Dans un premier temps, les forains ont craint un dessein caché de la ville. "On doit parfois composer avec beaucoup de non-dits, nous nous montrons donc plus méfiants. Nous nous sommes demandé si ce n’était pas une façon de nous exclure du centre-ville. Obtenir les données de pesées est extrêmement difficile. D’une part parce qu’il n’existe pas d’organisme agréé, d’autre part parce que nous sommes encore en période creuse. Les métiers sont actuellement démontés."

Une rencontre vient d’être organisée entre le président des forains et l’échevin en charge de l’animation de la cité, Laurent Wimlot (PS). "Il s’est montré rassurant sur certains points mais personne n’était présent pour répondre aux questions plus techniques. Sur cet aspect, nous avons donc encore beaucoup d’inquiétudes. Si les données ne correspondent pas aux exigences, ils pourraient envisager une modification du plan d’installation. Il faut savoir que les forains paient leur emplacement, parfois depuis des générations. C’est équivalent à un fond de commerce. Envisager changer cela n’est pas si simple."

"Pas question de chasser les forains du centre-ville"

Et de poursuivre : "nous ne savons pas trop où ils veulent en venir. À La Louvière, les plus petites attractions sont placées d’un côté, les plus grosses et donc les plus lourdes de l’autre. Va-t-on nous obliger à modifier cela alors que c’est un plan qui fonctionne très bien ? Nous sommes dans l’appréhension et la foire approche à grand pas." De son côté, Laurent Wimlot promet d’aider les forains.

"Il y a surement eu des couacs de communication dans ce dossier", regrette-t-il. "Nous allons dorénavant pouvoir discuter en ligne directe et collaborer en amont. La volonté de la ville n’est absolument pas des les chasser du centre-ville car ils font partie intégrante des festivités carnavalesques. Il ne s’agit que d’une question de sécurité. Il y a encore des interrogations sur les aspects techniques. Je vais donc prévoir une rencontre avec l’ingénieur du service travaux."

Histoire de faire taire les inquiétudes. "L’objectif est d’organiser la foire dans les meilleures conditions possibles et en toute sécurité. Pour la grande majorité des forains, il n’y aura aucun problème. Pour les plus grosses attractions, quelques données devront être récoltées. Nous espérons de ne pas devoir revoir le plan d’installation. Si cela devait être le cas, les modifications seront limitées au strict minimum."

Cette année, la ville devrait se montrer plus tolérante. Il ne serait ainsi pas question d’empêcher l’accès à la place aux forains qui n’auraient pu montrer "patte blanche." L’échevin des travaux, Antonio Gava (PS), se montre en tout cas compréhensif, d’autant plus que la plupart des forains sont présents de génération en génération et qu'aucun problème n'a jamais été rencontré.