Les interventions menées sur le terrain par la police locale de La Louvière seront désormais filmées. En effet, cette dernière vient de réceptionner 33 caméras portatives, plus souvent appelées bodycams, pour un montant total de 47 000 euros. Celles-ci équiperont les policiers des services intervention et circulation et de l’Unité d’Assistance Spéciale.

La réflexion sur l’opportunité d’équiper les agents de pareil outil avait été initiée il y a plusieurs mois déjà. "Nous considérons qu’il s’agit d’une véritable plus-value, tant pour les citoyens que pour les policiers, souvent victimes de police bashing", explique le bourgmestre de La Louvière, Jacques Gobert (PS).

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"Cette démarche va dans le bon sens et permettra une meilleure compréhension des situations. Aujourd’hui, il n’est pas évident de se faire un avis sur des interventions qui font l’objet de plaintes ou de contestations car les images captées, par des témoins par exemple, ou les explications données sont souvent parcellaires ou subjectives. Des études ont par ailleurs montré une diminution de l'utilisation de la force lors des interventions et une meilleure collaboration entre police et citoyens."

Malgré quelques craintes émises dans un premier temps par les policiers, tous ont accepté de jouer le jeu. Le port de la caméra devient ainsi obligatoire au même titre que d’autres équipements de la tenue policière mais son utilisation relève toujours de la décision du policier ou de son supérieur hiérarchique. "C’est le policier qui décide quand allumer ou non la caméra", confirme Ronald Collette, directeur des opérations.


Les policiers seront formés au cadre légal et à l’utilisation des bodycam dans les prochaines semaines pour une utilisation effective dans le courant du mois de novembre. "Elles pourront être utilisées dans des lieux publics, des lieux ouverts au public ou des lieux fermés, tant dans le cadre de missions administratives que judiciaires. Les images seront conservées au maximum 12 mois et ne pourront être ni modifiées, ni supprimées."

Les personnes impliquées dans une intervention ne pourront s’opposer à leur utilisation mais devront en revanche être informés qu’elles sont audio filmées. Si l’expérience s’avère positive, d’autres services pourront à terme être équipés du dispositif.