Le ministère public a requis, lundi, une peine de sept ans de prison contre un Louviérois poursuivi pour avoir porté des coups à une dame âgée de 80 ans, avec la conséquence que les coups ont entraîné la mort sans intention de la donner. Le vol d'une carte bancaire et des fraudes informatiques sont aussi retenues par l'accusation. Les faits ont eu lieu entre le 17 et le 19 juillet 2010 à Houdeng. Jacqueline Goffin, une dame de 80 ans, a été retrouvée morte dans son appartement de la rue des Trieux à Houdeng. Elle fut enterrée sans aucune suspicion de mort suspecte. Cependant, des reconnaissances de dettes et des retraits frauduleux avec sa carte bancaire ont été constatés par sa famille lors du nettoyage de son appartement.

Le corps a donc été déterré et autopsié à la demande du parquet. Cette dame avait été violemment rouée de coups par un tiers. Elle avait la mâchoire fracturée et huit côtes cassées. Le corps était recouvert de plaies et d'hématomes, ce qui n'avait pas été remarqué lors de la découverte du corps, en état de décomposition avec la chaleur. Le lien causal entre les coups et la mort est établi par le ministère public. Toutefois, le ministère public n'a pas retenu le vol avec circonstance de meurtre pour faciliter le vol ou en assurer l'impunité, en ne retenant pas l'intention d'homicide dans le chef du prévenu. Ainsi, le prévenu a échappé aux assises. Les parties civiles ont quand même posé la question devant le tribunal.

Pour Me Alexandre Wilmotte, avocat d'une partie civile, le prévenu avait une soif particulière d'argent, car il jouait au casino. "Tous les éléments convergent vers lui". Me Frank Discepoli, également pour les parties civiles, n'a aucun doute sur la culpabilité du prévenu. "Il avait besoin de beaucoup d'argent. Il était aux abois financièrement et il n'était pas à son coup d'essai avec la même victime. Lors des faits, ils n'étaient pas en bons termes, car elle réclamait l'argent et il ne répondait pas".

Me Jean-Philippe Mayence et Me Elena D'Agristina, avocats de la défense, ont plaidé l'acquittement du sexagénaire qui ne s'est jamais montré violent. "Aucun élément ne démontre qu'il était sur les lieux", a déclaré l'avocat pénaliste qui estime que les causes de la mort ne sont pas établies à suffisance par le médecin légiste "qui a dépassé le cadre de sa mission". La défense estime que la téléphonie, qui a engendré la mise sous mandat d'arrêt, ne démontre rien "sauf qu'il n'était pas à Houdeng au moment des retraits". Le prévenu a passé un mois en détention préventive, "puis libéré faute d'indices suffisants". La question de la prescription est posée par la défense.

Jugement le 6 septembre.