De l'extérieur, c'est une petite maison de cité comme une autre de La Louvière. À l'intérieur, c'est un véritable "harem" qu'un père de famille dirigeait avec une cruauté rare et une perversité machiavélique. La comparaison a été formulée par des experts en santé mentale au tribunal correctionnel de Mons où a comparu R.D.

L'homme a écopé ce lundi d'une peine de 20 ans de prison ferme. Il était poursuivi pour viol, tentative de meurtre, inceste, coups et torture. Depuis 2004, il vivait avec une compagne officielle et plusieurs maîtresses, avec lesquelles il a eu d'autres enfants. R.D. imposait des relations sexuelles entre les uns et les autres, armé d'un couteau ou d'un fusil pour leur faire obéir. Certains ont ainsi entretenu des relations sexuelles avec leur propre mère ou leur belle-mère, à la demande du père, qui les a également violés à plusieurs reprises. Les enfants qui refusaient de se soumettre à ses sordides injonctions étaient battus.

Rassurant au départ, R.D. avait instauré un climat de terreur sous son toit en déclarant qu'il était le patron d'un club de motards bien connu des autorités judiciaires. Selon les psychiatres, son mode de fonctionnement est pervers. Il est toujours à la recherche de la toute-puissance et pas spécialement du plaisir sexuel. La plupart des victimes présentaient des fragilités, des failles dans lesquelles il s'est engouffré pour les isoler du monde extérieur et les mettre sous sa coupe. Les viols et les attentats à la pudeur étaient quotidiens au sein de ce foyer louviérois.

Deux enfants ont malgré tout eu le courage de dénoncer les faits au centre PMS de leur école en 2019. Ils ont été entendus par les autorités judiciaires, "et ce qu'ils ont déclaré est du domaine de l'inconcevable". R.D. était placé sous mandat d'arrêt dans la foulée. Il a contesté les faits, reconnaissant uniquement l'inceste et indiquant qu'il voulait seulement éduquer ses enfants sexuellement.

Le tribunal correctionnel de Mons n'a pas été convaincu par cette défense. "Un tel niveau d'horreur et de cruauté dépasse l'entendement", a déclaré la substitute du Procureur du Roi. Ce lundi, R.D. a donc été condamné à 20 ans de prison ferme et une mise à disposition du tribunal d'application des peines pour une durée de 15 ans. Il est également déchu de ses droits civiques et politiques à perpétuité. Le tribunal a ainsi prononcé à l'encontre du père une peine plus sévère que celle requise par le ministère public, qui était de 15 ans, tout en l'acquittant pour quatre préventions, mais en constatant qu'il était en état de récidive.

R.D. n'était pas le seul à comparaître dans cette terrible affaire. Quatre femmes du ménage passaient également à la barre du tribunal correctionnel de Mons. Trois d'entre elles, prévenues de viol et de non-assistance à personne en danger, sont reconnues coupables. L'une écope de cinq ans avec sursis, l'autre de trois ans avec sursis et les deux dernières bénéficient de la suspension du prononcé de la condamnation.