Fin septembre, le CPAS de La Louvière apprenait qu’une enveloppe de pratiquement deux millions d’euros lui était accordée par le gouvernement fédéral afin de venir en aide aux personnes qui en exprimeraient le besoin, et ce même si elles ne sont pas bénéficiaires de la structure. Il n’en fallait pas plus pour que l’idée d’utiliser cette aide « autrement » ne soit émise.

Sur les réseaux sociaux, David Soors, président du MR louviérois, a ainsi proposé que cet argent soit investi pour venir en soutien au tissu économique local. "J'aimerais proposer qu'une part substantielle de ce budget aille automatiquement aux cafés, restaurants, petits commerces et indépendants/artisans de notre entité", explique-t-il.

"Que cet argent, qui à la base n'est même pas louviérois mais est une aide du fédéral, permette au moins de soutenir notre tissu économique local, déjà pas bien reluisant avant la crise, mais qui ici souffre d'autant plus. Pas d'introduction de dossier, pas de paperasse: vous avez dans l'entité de La Louvière une activité créée avant la crise et qui s'accroche encore ? Alors vous aurez droit à une aide de x milliers d'euros, prise sur cette enveloppe exceptionnelle de 2.000.000 d'euros."

L’idée en a séduit plus d’un, au regard des commentaires postés par les Louviérois sous la publication du réformateur. Du côté du principal intéressé, la réaction est différente. "Bien sûr que les commerçants et indépendants doivent être soutenus. Mais pas au détriment des personnes qui sont déjà dans le besoin et qui se tournent vers le CPAS parce qu’ils n’ont tout simplement pas d’autre solution", insiste Nicolas Godin (PS), président du CPAS.

D’autant plus que légalement, la proposition ne serait pas applicable. "La circulaire et les textes qui encadrent l’octroi de cette aide de deux millions d’euros ne nous permettraient pas d’octroyer une prime automatisée à chaque indépendant. Cette enveloppe doit venir en aide aux personnes qui peuvent justifier d’une perte consécutive à la crise : une perte de revenu, d’emploi, des difficultés à faire face à l’augmentation du coût de la vie ou à payer des factures énergétiques,…"

Le débat n’ira donc pas plus loin. "C’est déjà extrêmement difficile à évaluer. Deux millions, c’est beaucoup et pas grand-chose. Nous ne pouvons pas nous permettre de les distribuer à tout le monde. Ils doivent l’être à bon escient, aux personnes qui en dépendent." Notons que le CPAS a reçu la semaine dernière la confirmation que l’enveloppe pourrait être étalée jusqu’à la fin de l’année 2021. Une nécessité puisque le CPAS s’attend à être fortement sollicité l’an prochain.