Deux amies sages-femmes se sont lancées dans ce projet.

Dans trois semaines, Melyssa Chambard et Sarah Michel vont entrer dans leur Bulle. Ces deux sages-femmes indépendantes inaugureront le 2 janvier 2020 à Feluy la seconde maison de naissance de la région et même du Hainaut (il existe une autre à La Louvière). Le projet baptisé La Bulle est en phase de finition. La maison que louent les deux amies est sur le point d'être totalement aménagées avec deux chambres, une piscine pour les accouchements dans l'eau, une salle de bain, une cuisine ainsi qu'un grand espace de vie.

"Des mamans ont déjà prévu d'accoucher chez nous en janvier et en février et nous en suivons d'autres pour des naissances prévues dans le courant de l'année 2020", se réjouit Melyssa qui, comme Sarah, réalise des accouchements à domicile depuis quelques années. "L'idée nous est venue de proposer un lien conçu pour que les femmes puissent accoucher comme à la maison, dans des conditions confortables et avec un suivi médical. Pour nous, cela permettra aussi de partager les rôles de garde en deux parce que cela nous arrive d'être de garde constamment."

Ce projet s'est aussi construit par volonté de rompre avec un "contexte d'hyper-médicalisation des naissances, de restriction budgétaire entraînant une réduction du personnel soignant dans les maternités", poursuit Melyssa. "Les maisons de naissance accueillent les grossesses à bas risque, permettant ainsi d’éviter l’application de protocoles invasifs à des naissances qui progressent de façon naturelle et sécuritaire."

© DR

Melyssa et Sarah auront le rôle de "premières" sages-femmes et seront épaulées par cinq autres "secondes" sages-femmes, appelées vers la fin de l'accouchement. "Nous allons aussi collaborer avec une psychopédagogue et une doula (ndlr: personne qui accompagne la femme durant sa grossesse d'un point de vue émotionne). Nous voulons que ça soit aussi un vrai lieu de rencontre pour les parents et pas uniquement un lieu pour accoucher. L'équipe proposera donc le suivi de grossesse, les différentes préparations à la naissance et à la parentalité, l’accompagnement de l’accouchement physiologique et le suivi postnatal à domicile."

Pour payer les six premiers mois de loyer et investir dans une partie du matériel nécessaire, la Bulle a lancé une opération de crowdfunding. "Il faut savoir que les maisons de naissance ne sont absolument pas subsidiées ou financées par les instances publiques. Et donc, pour pouvoir se concrétiser, nous avons fixé l’objectif de récolter au minimum 9 400 euros."