Les supporters de la RAAL étaient scotchés devant leur écran, ce lundi vers 16 heures, et pour cause : après avoir introduit, ce vendredi, son dossier de candidature dans le cadre de l’appel à projets de la ville de La Louvière, le club vert et blanc a levé le voile sur son projet de nouveau stade. D’une capacité de 8600 places, il s’étendrait sur le site du Tivoli, à côté de l’infrastructure actuelle. Rien n’est évidemment joué mais plus que jamais, les dirigeants de la RAAL, ses partenaires et les amoureux du ballon rond y croient.

Il faut écrire que les ambitions sont grandes. Si ce nouveau stade, aux normes de la D1A venait à voir le jour, il accueillerait les activités footballistiques, bien sûr, mais pas seulement : le rugby y trouverait également sa place. "Nous en parlions déjà il y a quatre ans, nous n’avions pas vraiment été pris au sérieux mais pour nous, ce nouveau stade est une nécessité", insiste Salvatore Curaba, président de la RAAL. "Notre priorité, c’était notre centre de formation. La seconde, c’est ce nouveau stade."

Le stade actuel ne répond en effet plus aux attentes d’un club plein d’ambitions et qui entend poursuivre son évolution. "Par ailleurs, la piste d’athlétisme est un véritable frein à l’ambiance que l’on voudrait, que l’on mérite." Le nouveau stade serait fermé, avec quatre tribunes et des angles joints. "Les tribunes seraient au plus proche de l’aire de jeux afin de vivre au maximum l’ambiance des matches", confirme Cyril Rousseaux, architecte chez Carré 7. Des espaces seraient réservés aux VIP, au business, aux groupes de supporters locaux, aux visiteurs, à la presse et à la police.

"Depuis trois ans, on étudie la localisation de notre projet. On a notamment pensé au site Duferco, mais le site actuel, où se situent les terrains d’entrainement, reste la meilleure des options. Le stade sera positionné de l’autre côté du site, et sera donc moins proche des habitations. Les nuisances en seront réduites. Nous avons déjà rencontré le comité de quartier et avons à cœur d’être transparents, de développer notre projet en concertation avec les riverains, même si nous restons conscients qu’il n’y aura pas 100% d’heureux", souligne Toni Turi, CEO de la RAAL.

Pour mener à bien ce projet, qui peut paraitre un peu fou, les dirigeants de la RAAL peuvent compter sur les personnalités et entreprises de la région, notamment Dany Roosens, président du RC Soignies, et Christophe Wanty, administrateur-délégué du groupe Wanty. "Nous avons toujours beaucoup investi dans le sport, alors quand Salvatore m’a contacté pour me présenter son projet, il y a quatre ans, j’ai immédiatement répondu présent", confirme Christophe Wanty. Pour Dany Roosens, un projet conjoint football-rugby est une véritable opportunité.

"Le club de Soignies évolue dans toutes les catégories d’âge en D1 mais le site actuel ne nous permet pas davantage d’évolution et nous restons limités au niveau de l’accueil des spectateurs. La RAAL et le RC Soignies ont des valeurs identiques, c’était donc logique de collaborer." Evidemment, les obstacles à franchir pour que ce rêve devienne réalité seront nombreux. Il faudra, avant toute chose, que le projet soit retenu par la ville de La Louvière, à l’initiative de cet appel à projets. La réponse sera connue le 15 juin. Il faudra ensuite rassembler les fonds et obtenir le permis de bâtir.

"C’est un sacré challenge", confie Toni Turi. "Nous voulons que ce stade appartienne totalement à la RAAL, que personne ne puisse lui mettre des bâtons dans les roues. Il sera donc financé à 100% par la RAAL, via une augmentation de capital et des crédits bancaires. Ce sont des montants importants, des garanties devront être apportées. Il nous faut un plan financier solide, d’autant plus que nous sommes toujours dans le milieu amateur. Nous ne pouvons pas faire n’importe quoi, au risque de ne pas assurer la pérennité du club."

Malgré tout, au sein de la RAAL, tout le monde y croit. "Nous espérons être prêts en juillet 2023, et donc lancer les travaux en juillet 2022. C’est une formidable opportunité, sur les plans sportifs et économiques, pour l’ensemble de la région du Centre", insiste encore Salvatore Curaba. 'Il n’y a plus eu de nouveau stade complet en Wallonie depuis plus de 50 ans. Nous aurions sincèrement de quoi être fiers !" Précisons encore que le stade, de catégorie 3, est pensé pour pouvoir évoluer en catégorie 4, ce qui lui permettrait d’accueillir des matches de coupe d’Europe.