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La police est intervenue vendredi au refuge afin de récupérer les chiens.

« Écœurement total ». Voilà comment la SPA de La Louvière décrit la situation vécue ce vendredi par les équipes alors qu’elles étaient contraintes de rendre cinq chiens, dont trois chiots de cinq semaines environ, à leur ancienne propriétaire. Ces mêmes chiens avaient fait l’objet d’un abandon volontaire dimanche dernier.

« Ce vendredi, nous avons été forcés, manu militari sous peine d’être arrêtés sur le champ, de restituer cinq chiens à leur ancienne propriétaire qui le laissait croupir dans une maison jonchée d’ordures et de déjections, sans soins. En cinq jours à peine, la justice a fait son œuvre. Du jamais vu dans la protection animale au bénéfice d’un propriétaire négligeant », commente-t-on du côté de la SPA.

Dimanche dernier donc, après une dénonciation, les bénévoles de la SPA et la police retrouvaient la trace d’une propriétaire qui ne donnait plus signe de vie alors que ses animaux se trouvaient toujours dans son habitation, à Bracquegnies. « Quand nous avons eu accès à l’habitation, nous avons constaté que les animaux vivaient dans des conditions déplorables. »

Une cession a été proposée et acceptée par la propriétaire. Cette dernière a signé le document et confié les animaux, dont certains auraient été vendus avant même d’être sevrés. « Tout le monde a été soigné, nourri, pris en charge par les bénévoles. Mercredi, nous apprenions qu’un magistrat ordonnait une saisie sur place, au refuge, de ces animaux. La raison ? Ils auraient été extorqués à leur propriétaire. On croit rêver ! »

Vendredi, la police se présentait au refuge afin d’ordonner la restitution immédiate des animaux. « Sans aucun document officiel, notification ou possibilité de connaitre le fondement légal de la décision, sans que nous soyons informés de nos voies de recours. Nous avons proposé de maintenir en sécurité les animaux au refuge dans l’attente de l’examen des recours possibles mais le ton est monté. »

La police serait alors intervenue avec davantage d’effectifs. Afin d’éviter une arrestation et sur conseil de leur avocat, les équipes du refuge se sont exécutées. « La justice peut visiblement aller très vite. Dommage que lorsque c’est dans l’intérêt des animaux, cela ne se passe pas comme ça. Les magistrats jouent aux abonnés absents, se montrent laxistes lorsqu’il s’agit de punir des maltraitants. Cette décision de justice expéditive en faveur d’un maltraitant est sans précédent et va à contre-courant de ce pour quoi nous militons. »

La SPA n’entend pas en rester là et entamera des procédures tant vis-à-vis de la décision de justice que de la police louviéroise.