Centre

Le musée gallo-romain propose un voyage dans le temps ce dimanche.

C'était le temps où Rome romait, chanterait le grand Jacques. L'époque où l'Empire romain étendait sa toile jusqu'à notre Gaule et où Waudrez était un lieu de passage pour soldats, artisans et autres curieux.

Ce dimanche, le musée gallo-romain remontait le temps pour replonger les visiteurs dans cette période particulière. Jupiter n'aura sans doute pas entendu les prières des organisateurs et c'est sous une pluie nourrie que le musée a ouvert ses portes. La météo n'a toutefois pas empêché les amateurs du genre de profiter des trésors que recèle la statio romana de Binche.

Soldats romains, combats de gladiateurs, artisanat… Tout avait été pensé pour transporter le public qui n'est pas resté indifférent aux nombreuses activités proposées. "On a parlé des Gaulois et des Romains à l'école et je voulais voir à quoi ça ressemblait en vrai", commente Louisa. "C'est à la fois spectaculaire et fascinant", confirme son papa. "Le musée donne un aperçu de ce qui se passait ici il y a des siècles. C'est important de connaître son histoire."

Et puis, il y a tous ces trésors déterrés du site et qui nous replongent aux origines de Binche. "Vodgoriacum est le berceau de la ville de Binche" explique Philippe Dekegel, président de l'asbl Statio Romana et conservateur du musée gallo-romain de Waudrez. "On connait les origines médiévales de Binche par sa partie visible avec ses remparts. Mais ses liens avec l'Antiquité sont clairement établis."

Pour soutenir ses propos, le conservateur du musée peut s'appuyer sur les 23 campagnes de fouilles qui ont été menées sur le site de Waudrez depuis plusieurs dizaines d'années. La statio romana regorge ainsi d'objets de l'Antiquité. Et ses entrailles n'ont pas fini de faire parler l'Histoire.

"Il n'y a plus de fouilles prévues pour le moment. Nous sommes occupés à traiter tout ce qui a été exhumé ces dernières années. C'est un travail considérable en laboratoire puis pour des publications", poursuit le conservateur du musée. "Actuellement, nous avons d'ailleurs des étudiants qui réalisent une étude sur des ossements retrouvés à l'intérieur d'urnes. Nous ne savons pas tout faire d'un coup. Nous avons eu beaucoup de travail de laboratoire ces derniers temps et nous avons aussi été fort pris par l'extension de nos locaux avec notamment une salle de conférence qui peut abriter une centaine de personnes. Nous lancerons notre premier cycle de conférences en septembre."

Alors qu'elle soufflera ses 50 printemps en octobre, la statio romana reste promise à un bel avenir. "Nous avons un site classé de 75 hectares et nous n'avons entrepris des fouilles que sur une surface de 17 ares. La dernière campagne remonte à 1993. Ça vous donne une idée du potentiel qu'il y a encore. Il reste certainement des trésors enfouis", conclut Philippe Dekegel.