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La majorité fait part de ses difficultés financières et prend des mesures drastiques.

Les finances louviéroises voient les nuages s'amonceler. Pour éviter qu'elles ne prennent la tasse, la majorité PS-Ecolo annonce devoir prendre des mesures radicales. Elles passent par une révision à la hausse de toute une série de taxes.

"Comme les autres communes, nous sommes confrontés à de nombreuses difficultés", contextualise le bourgmestre Jacques Gobert. "Le financement des pensions publiques va ainsi entraîner un surcoût cumulé estimé à plus de 7,5 millions d'euros. Nous devons également tenir compte de l'évolution démographique et sociale qui pèse sur le CPAS. Par exemple, depuis le début de la mandature passée, l'augmentation des demandes de revenus d'intégration sociale représente une charge nette supplémentaire de 2,7 millions d'euros."

Le bourgmestre louviérois ne manque pas d'imputer une partie de ses malheurs au gouvernement fédéral. "Le financement des zones de secours est un autre défi", poursuit Jacque Gobert. "Ces zones devaient être financées à moitié par les communes, et à moitié par le fédéral. Mais on se rapproche plutôt d'un rapport 80/20, ce qui implique à La Louvière un surcoût d'environ 2 millions d'euros par an. Le financement de la zone de police pose également problème. Les charges du personnel vont fortement augmenter alors que la compensation du fédéral n'a été mise en œuvre que pour l'année 2019. Le prochain gouvernement devra se pencher sur cette question rapidement. Enfin, présenté comme un cadeau du gouvernement Michel, le tax shift devrait affaiblir les recettes des communes wallonnes. La perte est estimée à plus de 100 millions à l'horizon 2021."

Pour éviter la banqueroute, la recette est connue, il faut augmenter les recettes et diminuer les dépenses. C'est par le premier volet que ça commence à La Louvière. "Nous poursuivons trois objectifs: maintenir le volume de l'emploi, maintenir l'offre des services communaux tout en la rationalisant et enfin, ne pas se lancer dans une pression fiscale qui toucherait tous les citoyens, mais agir de manière ciblée."

Des taxes sont ainsi augmentées. Force motrice, commerces de petite restauration, gestion des déchets issus d'une activité professionnelle, enseignes et publicités, véhicules laissés à l'abandon, exhumations, location de caveaux ou repas servis dans les écoles… Le prix augmente. D'autres taxes font leur apparition. Les grands parkings mis à disposition du public sont ainsi ciblés, comme dans la plupart des grandes villes wallonnes. Mais aussi les surfaces de bureaux et locaux affectés à l'exercice d'une profession libérale.

Le bourgmestre et son échevin des Finances indiquent avoir voulu éviter des mesures qui pénaliseraient tous les citoyens, comme une taxe sur les égouts qui rapporterait pourtant quelque 2 millions d'euros. L'impôt sur les personnes physiques et le précompte immobilier sont également épargnés. Pour le moment. Jacques Gobert explique en effet que la situation sera à nouveau évaluée, que d'autres mesures pourraient suivre et qu'il n'a pas de tabous.