Trois experts ont publié une carte blanche dans le journal Le Soir, ce lundi. Leila Belkhir, Nathan Clumeck et Marius Gilbert demandent l’instauration d’une nouvelle stratégie de déconfinement. Depuis, l’idée d’une mise en place d’un label "covid safe" fait le tour de la Belgique. C’est notamment le cas à Braine-le-Comte, où le bourgmestre soutient entièrement la réflexion des spécialistes. " Dans ce schéma, les Villes auraient un rôle à jouer dans la gestion de la crise sanitaire", explique Maxime Daye (MR), également président de l’union des villes et communes de Wallonie. " On souhaite être impliqués dans les débats, alors que l’on a été mis à l’écart pendant plus d’un an. Nous pouvons soulager nos commerçants avec cette initiative."

Plusieurs autorités communales sont, en effet, persuadées de pouvoir aider grâce à leurs connaissances du terrain. Ces dernières pourraient apporter une assistance personnalisée aux différents acteurs locaux. "Chaque commune peut elle-même analyser, selon des critères définis par des experts, si tel ou tel commerce respecte les mesures sanitaires", commence Maxime Daye. "Prenons l’exemple de deux salons de coiffure. L’un est très grand et dispose d’un espace assez important pour la ventilation, mais aussi pour séparer les postes de travail. Les risques restent minimes dans ce cas. Et pour un plus petit, qui n’a pas l’opportunité d’avoir un purificateur d’air. Des aides caractérisées pourraient voir le jour."

L’idée est d'équilibrer les soutiens financiers accordés aux personnes d'un même secteur, en ciblant ceux qui en auraient le plus besoin. Les localités réalisent déjà ce genre de procédure avec les rapports de sécurité anti-incendie. Le personnel est alors formé pour prendre ces décisions. "Ça ne concerne pas uniquement les commerçants", ajoute le bourgmestre. "Avec des critères précis, nous pourrions également aider des restaurants ou bars qui ne possèdent pas de terrasse. En déterminant lesquels devraient fermer sans cela, il est possible de privatiser des espaces communaux."

Cette labélisation a été soutenue par un ensemble de bourgmestres , mais également des gouverneurs de province comme celui de Liège. Tous semblent être sur la même longueur d’onde, y compris Paul Magnette (PS) et Sophie Wilmès (MR). "Les gens en ont marre, il faut donner de nouveaux espoirs tant pour les jeunes que pour tous les secteurs touchés par les fermetures", précise Maxime Daye. "Je préfère voir les jeunes en terrasse avec un verre à la main, heureux de récupérer un peu de vie sociale, plutôt que de revivre l’épisode de la boum au Bois de la Cambre."

Les mesures du prochain Codeco annoncé ce mercredi sont donc grandement attendues de tous. Experts, Villes, communes et gouverneurs s’allient pour soutenir les secteurs durement touchés. Comme un cri du cœur, les Belges souhaitent retrouver des perspectives d'avenir pour le mois de mai.