La nouvelle avait fait l’effet d’une bombe, le 24 mars dernier. La société spécialisée dans la distribution d’électricité et de gaz, Eneco, révélait l’octroi du premier permis pour la centrale électrique dans le zoning industriel de Seneffe-Manage. Un coup de massue pour tous les riverains, qui attendaient au tournant les ministres Borsus et Tellier.

Face à l'absence de décision aux recours introduits, le collège seneffois constatait qu'aucune réponse n'avait été donnée, laissant les interrogations bien présentes. "Nous avions estimé que l'endroit choisi n'était pas adéquat", nous avait confié Bénédicte Poll, la bourgmestre. "Les infrastructures sont en totale rupture avec l'environnementurbanistique. Nous avons également des inquiétudes environnementales importantes."

Un seul recours était encore possible pour les autorités, celui devant le Conseil d'État. C’est pourquoi le collège demandera l’autorisation du conseilcommunal pour introduire un recours en annulation. En d’autres mots, si les conseillers donnent leur aval, la commune de Seneffe tentera d’annuler la décision d’octroyer un premier permis à la société Bali Wind. "Les ministres n’ayant cependant pas transmis, dans le délai prescrit, leur décision, celle prise en première instance est confirmée. Un recours en annulation et en suspension peut donc être introduit par la commune dans les soixante jours de la notification", précisent les autorités seneffoises.

Il faut dire que le projet soulève des enjeux importants. Si elle voit le jour, cette centrale TGV serait construite selon les standards technologiques. Elle pourrait subvenir aux besoins en consommation électrique de près de 600 000 ménages, puisque l'électricité produite sera réinjectée sur le réseau de transport Elia. Mais le projetdérange par son imposant gabarit, avec des bâtiments de 35 à 45 mètres de hauteur et une cheminée qui culmine à 70 mètres. D’autant plus qu’elle serait située à proximité d’habitations. Rendez-vous donc au prochain conseil communal, le 26 avril.