Le coq de Victoria,, une Binchoise de 85 ans, ne chantera bientôt plus tous les matins. Du moins pas chez elle. Le gallinacé installé jusqu'à présent dans son jardin de Buvrinnes (Binche) va devoir faire ses valises et s'en aller vers d'autres pelouses. "Nous avons mis une annonce sur Facebook pour signaler qu'il était à donner", regrette Edouard, le fils de Victoria. "Non pas pour le manger mais bien pour qu'il puisse partager sa vie avec d'autres poules."

C'est la mort dans l'âme et pour mettre un terme à un long conflit de voisinage que la famille de Victoria a dû prendre cette décision. "Cela fait des semaines que le voisin nous harcèle pour que l'on s'en débarrasse. Il a contacté plusieurs fois la police pour se plaindre du bruit et l'agent constatateur pour soi-disant signaler que les bêtes n'avaient pas à manger. Désormais, c'est sa protection juridique qui vient de nous envoyer trois courriers en une semaine..."

Aujourd'hui en soins palliatifs et immobilisée dans sa maison, Victoria avait reçu de ses enfants un poulailler et un coq "pour l'égayer un peu et entretenir le fond du jardin où poussent des mauvaises herbes". "C'était son plaisir d'avoir des œufs et d'entendre chanter son coq", raconte son fils. Mais la police est passée une première fois au mois d'août. "Nous avons discuté et tenté de trouver une solution à l'amiable avec la police. Mais nous n'étions pas obligés de le faire."

Pour mettre fin à cette histoire qui chagrine sa maman, Edouard et son fils ont finalement accepté de déplacer le poulailler de l'autre côté du jardin. "Les poules ne font pas de bruit mais le poulailler dégageait de mauvaises odeurs, selon le voisin. Quant au coq, il est pour le moment toujours là. Nous avons mis cette annonce sur Facebook mais nous allons tout de même attendre de voir si le fait d'avoir déplacé le poulailler de l'autre côté ne permet pas de satisfaire le voisin..."

Dans le cas contraire, le coq va devoir trouver une nouvelle famille. "Le voisin a gagné. Mais je suis certain que lorsque le coq ne sera plus là, le voisin continuera de nous faire des ennuis. Il va toujours trouver quelque chose pour nous embêter", ponctue Edouard.

Si les gens de la ville ont l'habitude d'être réveillés par le vacarme du trafic matinal, à la campagne, c'est bien souvent le chant du coq qui donne le la. Mais les vociférations du gallinacé ne sont visiblement pas du goût de tout le monde.