Pour pallier au manque d'équipements, il a dû trouver lui-même des alternatives.

Le quotidien du personnel médical a rarement été aussi pénible. D'abord pour ceux et celles qui agissent directement sur le front de la pandémie. Mais aussi pour les autres soignants qui se retrouvent souvent dénudés face à la propagation du virus. "Nous vivons une situation scandaleuse car on ne nous fournit pas le matériel adéquat", s'insurge un médecin anesthésiste-réanimateur actif dans un hôpital de La Louvière. "Les hôpitaux ne possèdent pas suffisamment de masques FFP2 ou FFP3. Donc ils sont réservés uniquement pour les cas positifs."

Les protections adéquates sont en effet fournies uniquement si le patient est avéré positif au Covid-19. "Même si la vie du bloc opératoire et des urgences est réduite, nous recevons encore de nombreux patients. Et ce sont parfois des gens qu'il faut intuber pour les anesthésier. Or, il s'agit d'une des manœuvres les plus risquées puisque l'on est à 10 cm de sa bouche. Puis lorsqu'on retire le tuyau, les gens toussent, crachent et vaporisent de la salive dans toute la salle. On en prend plein la figure mais nous ne sommes pas protégés correctement car ces patients pourraient aussi être porteurs du virus."

Forcément, l'inquiétude est immense. "Nous jouons à la roulette russe parce que tous les patients que l'on rencontre sont potentiellement déjà contaminés même s'ils peuvent être asymptomatiques", peste le Louviérois. "Certains virologues estiment en effet que de nombreuses personnes sont des porteuses saines du virus. Ils peuvent contaminer les autres sans même le savoir. Il y a d'ailleurs beaucoup de membres du personnel soignant qui tombent malade à cause de ça."

Des imprimantes 3D à la rescousse !

Pour tenter de remédier à ce problème de protection, l'anesthésiste a décidé de prendre les choses en main de son côté. "J'ai d'abord fabriqué une visière avec un masque de ski", sourit-il. "Puis j'ai découvert que des propriétaires d'imprimantes 3D créaient des supports pour fabriquer des visières de protections. La solidarité s'est créée sur Facebook. J'en ai demandé une vingtaine pour distribuer à tout mon service. Ce ne sont pas des masques FFP2 mais c'est une protection supplémentaire pour nous malgré tout."

> Une armée d'imprimeurs 3D à la rescousse des hôpitaux

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