Jacques Eloi a adressé un courrier à la Première ministre Sophie Wilmès.

Chaque matin, Jacques Eloi emprunte la ligne 96 pour se rendre sur son lieu de travail, à Bruxelles. Déjà en temps normal, cet habitant de Braine-le-Comte regrettait les fréquents retards ou le manque de places libres dans les trains aux heures de pointe. Mais ce qu'a vécu Jacques ce lundi matin aura été la goutte d'eau de trop. "J'ai emprunté le train 1705 reliant Mons à Bruxelles", raconte-t-il. "Le train était composé en tout et pour tout de trois voitures."

Équipé d'un masque (obligatoire dans les transports en commune), Jacques a malgré tout décidé de monter dans ce train afin d'arriver à l'heure sur son lieu de travail. "Le train suivant, le 7800, est en effet supprimé depuis le début du confinement et il n'a toujours pas été remis en service. Et alors qu'on prône depuis des semaines la distanciation sociale, je me suis retrouvé debout sur une plateforme de 2,5 mètres sur 1,5 mètre en compagnie de dix autres personnes. A l'arrivée à Bruxelles-Midi, nous étions en effet onze dans un espace inférieur à 4 mètres carrés !"

Puisque ce train était rempli, Jacques et les autres navetteurs étaient contraints de rester debout dans le petit espace entre deux wagons. Cette situation l'a bien évidemment irrité et l'a poussé à prendre son clavier pour écrire un courrier à la Première ministre, Sophie Wilmès (MR). "Comment peut-on prétendre interdire à des grands-parents âgés de plus de 65 ans de voir leurs petits-enfants, comment on prétend interdire à des restaurateurs et des cafetiers de gagner leur vie alors que la SNCB se permet de mettre la vie des citoyens en danger ?", écrit le Brainois.

Selon Jacques, il s'agit déjà de la troisième fois que son trajet vers Bruxelles est perturbé de la sorte. "Jamais une telle situation ne devrait se produire. De même, tous les jours dans les escalators, la distanciation sociale n'excède pas 25 centimètres, voire moins. Pendant ce temps, des membres de Securail se permettent d'engueuler les gens qui n'ont pas un masque dans le hall mais on ne les voit jamais à l'arrivée d'un train."

Et de conclure, toujours en s'adressant à Sophie Wilmès : "Vous ne pouvez pas être au courant de tout, mais maintenant que vous l'êtes, au nom des pouvoirs spéciaux dont vous êtes investie et au nom de la crédibilité de votre Gouvernement et des mesures prises, je vous prie d'interpeller sans délais la SNCB et de mettre fin à de tels événements. Par ailleurs, je vous prie de sommer la SNCB de remettre tous les trains "P" en circulation."