Les secteurs de la culture et de l’événementiel, particulièrement impactés par la crise sanitaire actuelle, espéraient un assouplissement des mesures sanitaires lors du dernier Conseil national de sécurité. C'est ainsi que dès le 1er septembre, les événements intérieurs pourront accueillir jusqu'à 200 personnes. Mais pas de quoi faire sauter au plafond les acteurs culturels. Car accueillir 200 personnes ne se fait pas sans d'autres conditions.

Exemple à Braine-le-Comte où le centre culturel s'est fendu d'une longue explication pour conscientiser le public sur leur situation compliquée. "Non, le doublement de la capacité des jauges ne nous aide pas pour organiser des activités culturelles en intérieur ou en extérieur", assurent les responsables. "Les théâtres qui voudraient accueillir 200 personnes devraient avoir une capacité proche de 1500 par simple règle de trois."

La salle Baudouin IV et ses 500 places assises sont prises en exemple pour expliquer la problématique. "Nous devons impérativement respecter 1,5 m entre chaque bulle (sans compter le port du masque obligatoire). Or pour un spectacle, on sait que les gens viennent très souvent à deux. Du coup avec tous les sièges que l’on doit laisser vides, nous pouvons uniquement accueillir 70 personnes, soit un taux de remplissage de 14%. Alors on parle d’une bouffée d’oxygène pour la culture ? Oui mais avec une bonne dose de monoxyde de carbone."

Un protocole aussi très strict à l'extérieur

© KLSN

Durant l'été, le centre culturel brainois s'est tourné vers des événements extérieurs. Là aussi, c'est le parcours du combattant pour mettre en place un spectacle ouvert au public. "Chaque événement fait l’objet d’une validation via une application fédérale qui nous attribue un rating sur la faisabilité de l’événement. Nous recevons chaque fois une carte verte. Concrètement pour accueillir 120 personnes à la Verrerie en respectant toutes les règles strictes décrites ci-dessus, il faut occuper tout le jardin, installer 50 tables, 200 chaises, 30 barrières nadars."

Ce protocole est très strict et souvent très contraignant. "Dès leur arrivée, les spectateurs sont pris en charge par du personnel qui va les placer à leur table qu’ils ne pourront quitter que pour se rendre aux toilettes", détaille le centre culturel. "Il faut que le public soit attablé et assis avec une distance de 1,5m entre les bulles. Les réservations se font via notre billetterie électronique et à l’entrée, les coordonnées de chacun sont prises pour assurer une traçabilité efficace. Les tables et tout ce que le public est supposé toucher sont désinfectés avant l’événement."

Tanaë et Grangeorge en sursis

Et ce n'est qu'un extrait du mode d'emploi à respecter. "Nous tenons à organiser des activités culturelles pour notre public et pour soutenir nos artistes belges qui ont grand besoin d’aides financières et de visibilité pour ne pas sombrer. Tant que le soleil nous le permettra, nous continuerons à organiser des événements à l'extérieur mais l’automne approche..."

Le prochain événement du centre culturel brainois est programmé le 5 septembre à la Verrerie avec Rock The Glass Bar, un festival rock d'une journée en plein air. Pour la suite, aucun certitude n'existe. Les concerts de Tanaë et de Grangeorge, prévus en octobre, restent très incertains. Ils pourraient passer à la trappe comme les dates de Guillermo Guiz et des Ogres de Barback, programmés en septembre à Soignies mais reportés suite aux dernières annonces du CNS.