La maison de repos déplore par ailleurs le décès d'un résident diagnostiqué d'une bronchite.

La résidence Dè Scaussène, à Ecaussinnes, a connu le week-end son premier cas de Covid-19. Une dame qui présentait les symptômes a été testée positive. Il a alors été immédiatement décidé que tous les résidents soient confinés en chambre tandis que la direction a pris toutes les mesures utiles pour que le personnel soit en nombre suffisant afin de répondre aux besoins des résidents.

Malheureusement, ce ne fut pas suffisant puisque d'autres résidents ont été contaminés. Combien ? C'est la question à laquelle la direction aimerait répondre. Mais elle n'en dispose pas les moyens. "Nous recevons du Gouvernement la possibilité, très limitée, d’effectuer, en tout et pour tout, cinq tests sur l’ensemble de nos 60 résidents", pestent, dans une déclaration commune, la présidente du CPAS Muriel Van Peeterssen, le directeur de la résidence Marc Jacobs et le directeur général Ricardo Cherenti. "Nous avions, par ailleurs, une dame testée à part. Sur les 6 personnes testées, 5 sont positives."

"Est-ce qu'on se rend compte de cette absurdité ?"

La direction souhaiterait tester l’ensemble des résidents afin d’apporter les soins les plus conformes à la pathologie. "Malheureusement, les maisons de repos ne reçoivent l’autorisation de tester l’ensemble des résidents que s’ils ont un nombre de cas avérés d’au moins 10 personnes. Mais voilà le problème : comment savoir si nous avons 10 cas avérés dès lors que l’on nous autorise à 5 tests uniquement ? Est-ce que l’on se rend compte de l’absurdité de ce que l’on nous donne comme possibilités ?"

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Par ailleurs, le personnel n'a toujours reçu aucun test. "Dans un secteur aussi délicat, non seulement le personnel aurait dû être très rapidement testé mais, qui plus est, il devrait l’être au moins deux fois par semaine", estime la direction. "On ne peut pas se contenter, dans les conditions qui sont les nôtres, de tester le personnel une fois pour toute."

Un autre triste constat s'impose : beaucoup de résidents présentant d'autres pathologies ne reçoivent pas les soins nécessaires. "Un monsieur a contracté, à la mi-mars, une simple bronchite (diagnostiquée par téléphone). Aucun médecin n’accepte de venir l’ausculter dans la maison de repos. Par manque de soins appropriés, le monsieur est décédé quelques jours plus tard. La vie humaine a-t-elle perdu tout son prix au point de laisser passer plusieurs jours avant une auscultation légitime et des médicaments adéquats ?"

"Il faudra faire le compte des décès par manque de soins"

"A un moment donné, il faudra faire le compte des personnes qui sont décédées par manque de soins appropriés", poursuivent-ils. "C’est vrai pour les maisons de repos. C’est également vrai pour toutes les structures de soin. Mais au-delà des décès, combien de personnes auront régressés parce qu’elles ne peuvent plus suivre leur prescription de kiné par exemple. Combien verront leur pathologie s’aggraver au point de devenir chronique ?"

Et de conclure : "Nous sommes très fiers de notre personnel. Mais, il faut bien le dire, au quotidien, nous ne sommes pas vraiment aidés par les autorités (ni pour le matériel, ni pour les tests, ni pour les moyens, ni pour la communication) pour sécuriser le personnel. Nous nous sentons même abandonnés et, pire encore, nous avons l’impression que nos résidents sont laissés pour compte, ce que nous ne pouvons pas accepter."