C'est un véritable coup de massue qui est tombé sur la tête des établissements de l'Horeca ce vendredi soir. "J'ai regardé les annonces depuis mon café avec des amis et j'avoue que j'ai eu les jambes littéralement coupées. Je n'ai plus rien su faire pendant 30 minutes", confie Tito Gonzalez, patron de l'Antidote, sur la Grand-Place de Binche.

Dans la foulée de l'annonce de la fermeture pour quatre semaines du secteur Horeca, plusieurs autres tenanciers de cafés de la Grand-Place sont passés voir Tito durant la soirée. "C'est un vrai choc pour tout le monde parce que nous ne nous attendions pas à cela. On ne comprend pas pourquoi on pointe toujours du doigt l'Horeca alors qu'il n'a pas été prouvé scientifiquement que le virus se propage à cause de nous."

"Personne n'a demandé les registres"

Il est vrai que les mesures de tracing imposées dans les cafés et restaurants n'ont jamais été utilisées depuis leur mise en place en juin dernier. "Personne n'est jamais venu demander les registres chez moi. Il n'y a jamais eu de cas positif chez nous qui aurait nécessité l'utilisation du tracing. Je n'ai d'ailleurs eu aucun cas parmi ma clientèle habituelle. Et c'est pareil pour tous les autres établissements du centre-ville."

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Comme ses collègues, Tito a l'impression que tous les efforts consentis depuis le mois de juin n'ont servi à rien. "En plus de tout ce qui avait déjà été fait, on nous a récemment demandé d'imposer des tables de 4 personnes maximum et une fermeture à 23 heures. Ce qui nous a déjà fortement pénalisés puisqu'on n'avait plus les retours de restaurants. On fait sans cesse des concessions et des gros efforts pour finalement devoir à nouveau fermer totalement sans preuve que l'on soit nuisible. C'est incompréhensible."

"Je crains surtout que ça se prolonge"

Tous les bars et café n'auraient pas dû être mis dans le même sac, selon le Binchois de 54 ans. "Dans certaines grandes villes, il y a effectivement des bars où beaucoup de monde s'aglutine sans respecter les règles. Et à côté de ça, il y a des établissements plus familiaux où il y a de la place et où on respecte les règles à la lettre. Mais tout le monde se retrouve sanctionné. C'est encore pire pour les restaurants où la distanciation est encore plus facile à respecter."

D'ici la fermeture obligatoire de lundi, Tito s'attend à voir une dernière fois certains de ses plus fidèles clients qui viendront apporter une marque de soutien. "Ce que je crains surtout, c'est que la fermeture soit encore prolongée parce qu'on se sera rendu compte que ces mesures n'auront eu aucun effet. Selon moi, on ne cible pas les véritables problèmes comme l'enseignement où le virus circule beaucoup plus. Et si cela se produit et que l'on reconfine à nouveau, nous n'allons jamais pouvoir nous en relever. Surtout que l'on s'attend à ce que le carnaval soit annulé... C'est terrible pour nous."