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Jusqu'ici, la famille Leroy a bon espoir que les pertes soient limitées. Mais la période reste critique.

Après une période de répit, le gel a fait sa réapparition ce week-end. Dans la nuit de samedi à dimanche et plus encore en matinée, une pointe à -3,4° a été enregistrée en bas du coteau du vignoble des Agaises, où est produit le Ruffus. Dans le domaine, les efforts ont été multipliés pour limiter au maximum les dégâts.

« Samedi, nous nous étions contentés d’allumer notre tour antigel, installée il y a deux ans. Mais elle ne protège que deux hectares sur les 28, les deux qui sont les plus exposés au froid car ils se situent dans le bas du coteau. Dimanche, nous avons également mis en place un système de chaufferettes afin de dégager de la fumée, de gagner en température et d’ainsi tenter d’empêcher l’installation du givre sur les bourgeons », explique Arnaud Leroy.

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Ce système de chaufferettes est également utilisé en France. Mais il ne suffit parfois pas. « En 2017, nous avions perdu 50% de la production mais il avait fait encore plus froid et les vignes étaient dans un stage végétatif plus avancé. Ici, beaucoup de bourgeons n’ont pas encore éclos et sont donc plus résistants. Contrairement à la France, où en cette période le gel est déjà ravageur, nous pensons et espérons que les pertes seront raisonnables. »

Dans tous les cas, la période restera cruciale jusqu’à la fin avril au minimum, voire la mi-mai. Les yeux resteront donc rivés sur le thermomètre. « Plus on avance, pire ce sera en cas de gelées. Nous croisons donc les doigts. » Arnaud Leroy se veut cependant rassurant : « Les précédentes vendanges ont été absolument exceptionnelles. L’avantage des méthodes traditionnelles, c’est qu’il faut attendre deux ans avant commercialisation. Si les pertes de cette année sont importantes, la production 2018 sera postposée d’un an afin de les compenser. »