Nancy Castillo est la seule échevine Écolo au sein du collège socialiste de La Louvière.

Il y a environ un an, Nancy Castillo faisait ses premiers pas en politique. Propulsée dans le collège communal louviérois en tant que seule représentante Écolo parmi les socialistes, elle a dû se faire une place et prendre à bras-le-corps des compétences qui ne lui étaient pas toujours forcément familières. Elle est désormais l’échevine compétente en matière d’environnement, de développement durable, de transition énergétique, de logement, de mobilité et de bien-être animal.

Comment avez-vous vécu cette première année en politique ?

"Je n’avais pas prévu de faire carrière en politique, je n’étais même pas tête de liste. Cette année d’installation a supposé énormément de formations. C’est une bonne décision du bourgmestre que de permettre à ses échevins de se former dans leurs compétences, c’est une mesure de bonne gouvernance. De mon côté, je n’ai pas ménagé mes efforts pour me former dans les compétences qui sont les miennes. Certains m’étaient bien sûr familières puisque je suis militante Écolo mais c’était malgré tout nécessaire, on en apprend tous les jours. Pour moi, la première année de mandature est avant tout une année de transition car elle permet la rédaction de documents importants, tels que la déclaration de politique communale, le plan stratégique transversal, la politique de logement, le plan communal de mobilité, le plan communal de prévention des déchets, etc. Il a fallu beaucoup de temps pour rédiger tout cela en concertation. Les prochaines années seront plus concrètes."

Avez-vous l’impression d’avoir pu vous faire une place au sein du collège ?

"Il est clair que le poids électoral est différent (43,4 % pour le PS, 6,9 % pour Écolo, NdlR). Proportionnellement, je ne pèse pas lourd et j’en reste consciente. Malgré cela, les décisions qui sont prises sont par définition collégiales. Je ne suis pas toujours d’accord, je suis parfois un peu frustrée, mais une fois que je quitte la salle du collège, je défends les décisions qui y ont été prises. Je suis satisfaite de l’orientation que les choses prennent, ça bouge lentement mais sûrement. Il y a une forme de prise de conscience. Si je peux forcer un peu les choses et accentuer la nécessité de changement, tant mieux. J’ai l’opportunité de travailler pour ma ville à temps plein et ça, c’est quelque chose que je n’aurais pas pu faire en restant dans l’opposition."

Quel bilan pouvez-vous tirer aujourd’hui ?

"D’abord, je tiens à saluer le travail de l’administration car il a permis de lancer de gros projets. Comme je le disais, il s’agissait d’une année assez théorique, mais beaucoup de choses seront mises en œuvre. Dans les projets qui me tiennent vraiment à cœur, je peux citer, en matière d’énergie et de logement, le projet d’isolation des logements privés. Au bout de la mandature, ce sont 800 logements - 600 maisons et 200 appartements - qui auront pu être isolés. Nous penchons sur un mécanisme de tiers investisseur et si cela aboutit, La Louvière sera clairement pionnière en la matière. En matière de mobilité, nous avons un projet de renforcement de la mobilité cyclable et également de balisage, d’aménagement et de privatisation d’un sentier pour la mobilité douce. Il permettra de relier Saint-Vaast à l’arrière de la gare de La Louvière-Sud. Le collège a également accepté d’étudier la faisabilité d’un projet qui figurait dans le programme d’Écolo, à savoir la création d’une plateforme de livraison pour que les camions restent en dehors du centre-ville. C’est quelque chose qui fonctionne déjà ailleurs, à Charleroi par exemple. Enfin en matière d’environnement, beaucoup de choses sont lancées : l’isolation des bâtiments communaux, la pose de panneaux photovoltaïques, le remplacement de la flotte communale par des voitures électriques ou au CNG, etc. La transition débute mais nous savons qu’il faut du temps et des budgets pour la permettre."

Aujourd’hui, quel regard portez-vous sur votre ville, qui ne jouit pas toujours d’une image très positive ?

"Il est clair qu’il faut changer cette image. Nous y travaillons, notamment avec le projet de ville qui devrait permettre à La Louvière d’être vue comme une ville parc, une ville de nouvelle urbanité, une ville atypique au sein de laquelle il est possible de développer des projets, de nouvelles formes d’économies. De mon côté, je souhaite vraiment que les gens puissent voir La Louvière comme une ville où il fait bon vivre. Pour ce faire, il faut aussi prendre conscience des richesses existantes et mieux les mettre en lumière."



Soutien au projet Strada

Le projet Strada était lancé bien avant l’arrivée de Nancy Castillo au sein du collège, ou même avant son arrivée à La Louvière. Si ce projet n’aurait pas été celui choisi par l’actuelle élue locale, elle souhaite aujourd’hui le voir aboutir. "Ce projet était la réponse donnée à l’époque au besoin de redynamiser le centre-ville, rappelle-t-elle. Ce n’est pas la réponse que j’aurais souhaitée. Construire un centre commercial n’aurait pas été le choix d’Écolo mais il est important aujourd’hui de soutenir ce projet et de le voir sortir de terre. Il a évolué et le fait qu’il se concrétise d’abord via la construction de logements est une bonne chose car ils sont bien pensés, sont proches du centre-ville et s’inscrivent dans une volonté d’être le plus neutre en carbone possible. Les commerces, les loisirs, ce n’est pas ce que je retiens de ce projet. Mais à ce stade, il obtient malgré tout mon soutien."



Trois questions décalées

Si vous aviez une baguette magique, qu’en feriez-vous ?

"J’ai tellement de souhaits que c’est difficile de répondre. Mais je voudrais travailler sur l’emploi à La Louvière. C’est une ville au passé industriel riche. Ce n’est plus le cas aujourd’hui mais ce n’est pas pour autant que la ville doit disparaître. Il faut que les gens, aujourd’hui, aient envie de travailler et il faut leur donner la possibilité de décrocher des emplois de qualité."

Avec qui resteriez-vous coincée dans un ascenseur ?

"Avec Vandana Shiva, une écologique indienne, afin de voir comment quelqu’un qui a une culture très différente de la mienne envisage l’écologie."

Qui vous ferait changer de trottoir ?

"Quelqu’un du Vlaams Belang parce que je n’ai pas envie de devoir me justifier sur des idées démocratiques."