Le pont-canal du plan incliné de Ronquières est complètement à sec. Ce n’est arrivé que rarement dans le passé, mais l’entretien était nécessaire après plus de cinquante ans de loyaux services. Des travaux d’ampleur sur l’infrastructure ont donc débuté sur le pont-canal qui se compose de cinq sections de 60 mètres de long sur 80 mètres de large.

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Ce sont les joints d’étanchéité, usés avec le temps, qui posent des problèmes de fuite. Les équipes du SPW s’attèlent donc, depuis quelques semaines, au démontage de ces pièces pour être remplacées dans les prochaines semaines. "Les équipes du SPW ont mis à sec la portion pour procéder aux réparations", explique le directeur du chantier. "Il s’agit de deux kilomètres de joint à refaire, et ce n’est pas une mince affaire. D’autant plus que l’on va supprimer certaines jonctions entre les joints."

La mise à sec du pont-canal représente également l’occasion d’inspecter sous toutes les coutures les éléments de la structure. "Nous avons choisi cette période, car elle est celle où il y a le moins de passage de bateaux à Ronquières", ajoute le directeur du chantier. "On nous a laissés comme délai 45 jours pour couper la circulation fluviale, alors qu’habituellement, c’est maximum une semaine. Nous en profitons pour faire plusieurs travaux parallèlement."

En effet, le remplacement des appuis et le renforcement des trémies aériennes ont été lancés en 2018 et devraient se terminer d’ici la fin de l’année. D’autres travaux sont programmés comme le remplacement des rails et galets des bacs et contrepoids, ainsi que le remplacement des câbles et la modernisation des équipements électromécaniques.

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Les ouvriers ont reçu, ce mercredi, la visite du ministre wallon de la mobilité, Philippe Henry, afin d’y présenter ce travail d’ampleur pour lequel la Région wallonne a débloqué une enveloppe de 50 millions d’euros. "Le plan incliné de Ronquières est le plus grand du monde", déclare Philippe Henry. "Sa rénovation était nécessaire, et c’est un investissement pour la Wallonie sur le long terme. Pour réduire les gaz à effet de serre, le transport de marchandises doit être revu. Nous souhaitons transférer 7% de la part modale des transports routiers aux voies hydrauliques."

Et le secteur mise sur un entretien des infrastructures existantes pour atteindre cet objectif d’ici 2030. "Cela permettra également d’améliorer la compétitivité de la Belgique dans le transport de marchandises, donc il y a aussi des raisons économiques en plus des raisons évidentes d’environnement", ajoute le ministre. Le pont-canal de Ronquières deviendrait ainsi un axe important pour relier Bruxelles, avec le port de plaisance d’Ittre.