Le ministère public a requis, lundi, une peine de trois ans, assortie d'un sursis probatoire, contre un Montois âgé de 20 ans et une Louvièroise âgée de 31 ans, poursuivis dans le cadre d'un dossier relatif à des traitements inhumains et dégradants sur un mineur, placé en incapacité pour une période de plus de quatre mois. Les faits ont eu lieu au Roeulx à la fin du mois de novembre. Une plainte a été déposée par la mère de la victime, née en 2003, le 3 décembre 2020 après la découverte d'une vidéo impliquant son fils, diffusée sur les réseaux sociaux. La victime a déclaré qu'il s'agissait d'un pari perdu, qu'elle avait bu et consommé de la drogue.

La victime a été placée dans un sac en plastique, aspergée d'un produit auquel le feu a été bouté. On lui a aussi rasé les sourcils et placé un casque de cycliste sur la tête, sur lequel les prévenus ont frappé, tout en insultant la victime. La scène a été diffusée sur les réseaux sociaux. Selon le psychiatre, le prévenu a réalisé les faits "avec une certaine fierté". Les faits ont eu lieu chez un autre mineur dont la mère est prévenue dans cette affaire. Selon l'avocate des parties civiles, celle qui offrait de l'alcool aux jeunes n'a rien fait pour arrêter la scène qui s'est déroulée sous son toit.

Selon le ministère public, c'est même elle qui a fourni les feuilles de cigarettes pour permettre aux jeunes de fumer de la drogue chez elle. Gardienne d'enfants de profession, elle a été libérée sous condition. Son avocat a expliqué qu'elle avait eu tort de faire confiance à son fils, lequel sera jugé par le tribunal de la jeunesse, et qu'elle a été dépassée par cette histoire. "Elle a même complètement démissionné", a répliqué le procureur. Le tribunal n'a pas écarté la prévention de non-assistance à personne en danger.

Le Montois a été placé sous mandat d'arrêt le 4 décembre 2020 et il a bénéficié de la surveillance sous bracelet électronique le 21 décembre. Il a déclaré que ce n'était pas un pari perdu mais une vengeance à l'égard de la victime, qui s'était dégonflée lors d'une bagarre organisée avec une autre bande de jeunes. Maître Fabrice Guattadauria est consterné par l'attitude de "ces gamin idiots qui ont trop regardé les films de Martin Scorsese". Cependant, l'avocat n'est pas convaincu par l'élément moral de l'infraction et a plaidé l'acquittement.

La victime, traumatisée et humiliée, n'a pas pu reprendre le chemin de l'école depuis les faits. Jugement le 3 mai.