Ce samedi 20 février, c’est tout un secteur qui s’est mobilisé. Still Standing For Culture, c’est un mouvement de soutien, qui réunit les lieux culturels, les artistes et les fédérations artistiques. Déjà en juin de l’année dernière, le rassemblement avait fait parler de lui dans une dizaine de villes belges. Cette fois, le projet a pris de l’ampleur.

Le groupe Still Standing appelait à l’action la semaine dernière pour montrer le mécontentement du secteur. "Nous ne passerons pas une nouvelle journée à comptabiliser les vues d’un énième streaming", écrit le mouvement. "Nous ne nous soucierons plus de savoir si la culture est censée se situer avant ou après les salons de coiffure, les auto-écoles, les parcs de bungalows, les soldes ou les zoos. Nous n’attendrons pas l’hypothétique “printemps culturel” qu’on nous promet : nous le ferons advenir !" Pour la journée de la justice sociale, le mouvement a souhaité marquer le coup.

Et c’est tout le pays qui a répondu présent. Plus de 500 actions, dans plus de 120 localités, ont été mises en place après l’appel lancé. Artiste jouant sur un balcon, concert pour des vaches ou cinéma transformé en musée, le secteur s’est mobilisé. C’est notamment le cas au Centre culturel du Roeulx. "Le monde de la culture se fait entendre à travers des centaines d’actions symboliques, fortes, qui mettent à nu le désespoir des artistes et des travailleurs du secteur culturel à l’arrêt", publiait le centre sur sa page Facebook.

Le choix du Centre est symbolique. Au milieu d’une pièce vide, Pierre De Backer, membre du groupe The pipes drums & Bikes Pipe band, a joué quelques partitions seul, accompagné de sa cornemuse. "Les portes restent fermées alors laissons les fenêtres ouvertes, car rien ne peut stopper les notes pleines d’espoir", a publié le centre.

C’est justement l’espoir de reprendre, qui a poussé Pierre De Backer a accepté la proposition. "C’était important de participer à l’action", explique le musicien. "On en a tous un peu ras-le-bol de cette situation et c’était l’occasion de le montrer."

Le groupe a directement été frappé de plein fouet par la crise. Avec essentiellement des représentations pour des mariages et carnavals, les joueurs de cornemuse ont accusé le coup. "C’est difficile mentalement", déplore Pierre De Backer. "C’est pour cela que l'on espère que les choses vont bouger. On a trop longtemps été considéré comme non-essentiel, c’est humiliant..."

Après pratiquement une année de silence, le secteur culturel espère faire passer le message aux élus politiques.