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L'argument de l'écologie ne suffit pas à convaincre les professionnels du milieu.

Depuis ce 15 avril, deux nouveaux matériaux sont autorisés pour les cercueils en Wallonie : le carton et l'osier. Jusqu'à présent interdits, ils pourront être utilisés pour les inhumations en pleine terre et les crémations. Les règles en matière de funérailles et de sépulture s'assouplissent donc progressivement.

L'utilisation de ces deux matériaux doit améliorer les conditions de travail des fossoyeurs en cas d'exhumation par exemple, et a, semble-t-il, fait ses preuves en France, en Grande-Bretagne ou encore en Nouvelle-Zélande. Des arguments écologiques ont également été avancés. “ L'avantage du carton et de l'osier, c'est qu'ils permettent un retour à la terre dans une approche plus écologique ”, commentait récemment Valérie De Bue (MR), ministre wallonne des pouvoirs locaux.

Malgré ces arguments, au sein des pompes funèbres, on reste plutôt sceptiques. Notamment du côté des pompes funèbres Donato (La Louvière). « On parle toujours du prix mais en réalité, ce n’est pas le cercueil qui coûte le plus cher en général, c’est tout le service qu’il y a à côté. Pour les cercueils, de nombreuses alternatives, moins coûteuses même que le carton, existent déjà », ajoute Toni Fascella. « Nous ne pouvons pas dire non, nous respectons la loi et la volonté qui nous est imposée. Mais nous n’y sommes pas pour autant favorables. »

Souvent présentés comme plus respectueux de l'environnement, les cercueils en papier ou en osier peinent pourtant à convaincre les professionnels. "Le bois est tout aussi respectueux. Pour les cercueils en carton, l'utilisation de colle est inévitable. Si certaines colles utilisées seront de bonne qualité, ce ne sera pas le cas de toutes." La crémation est de ce fait plus risquée. "Le carton s'enflamme extrêmement vite, dès que l'on débute le placement dans le four crématoire... Les risques d'incendie sont donc plus importants."

De son côté, Toni Fascella ne ventera pas les mérites de ces deux nouvelles alternatives. "Je respecterai toujours le choix du défunt ou de ses proches. Mais j'expliquerai aussi pourquoi moi, je n'y suis pas vraiment favorable."

Si l’écologie est évidemment un argument dont il faut tenir compte, les professionnels estiment qu’il ne doit pas être le seul. La sécurité du personnel, des familles et des proches, la dignité du défunt et le bon déroulement d’un événement par définition déjà douloureux doivent primer sur le reste.