C’est un cri de désespoir qui a été publié anonymement sur la toile en ce début de semaine : celui d’un commerçant de La Louvière, contraint de mettre la clé sous la porte car il ne parvient plus à payer ses charges tout en subvenant aux besoins de sa famille. Une situation qui semble malheureusement trouver écho auprès d’autres indépendants ou, plus globalement, auprès des citoyens qui partagent un constat : l’activité économique de la Cité des Loups périclite.

"Cela fait plus de deux ans que nous, commerçants louviérois, tirons la sonnette d’alarme pour faire entendre que l’affluence de clientèle ne cesse de diminuer. Qu’avez-vous fait pour aider ces commerçants ?" L’auteur de la publication reproche à la majorité d’avoir poser de mauvais choix au détriment d’une politique de stationnement solide. "Comment voulez-vous que le citoyen fasse vivre les commerçants Louvièrois s’il n’est pas possible de stationner dans le centre !"

Et de poursuivre : "il ne manquait plus que la covid pour nous achever. Pour ma part, je suis considéré comme magasin non-essentiel, je suis donc fermé depuis un moment et je ne rouvrirai pas. Certains de mes collègues commerçants m’ont fait part du même problème, la faillite est proche pour beaucoup d’entre nous. À 54 ans, je vais me retrouver au chômage alors que j’étais patron." Une réalité dont est témoin Mehdi Mrakha, président de l’Union des commerçants et indépendants louviérois (UCIL).

"Je ne suis pas étonné de lire ce genre de choses. Plusieurs fois par semaine, je suis contacté par des commerçants qui vivent cette même situation, qui sont dans l’incertitude car ils sont fermés depuis plusieurs mois et qui ne parviennent plus à faire face", explique-t-il. "Beaucoup en discutent en privé mais ont honte de leur situation. Les primes ont parfois permis de tenir un peu plus mais aujourd’hui, cet argent n’est plus là. Les faillites vont se multiplier dans les prochains mois."

Pour l’UCIL, la responsabilité sera à incomber à la crise, mais pas uniquement. "Nous tentons d’être force de proposition auprès de la ville de La Louvière mais nous peinons à être entendus. Les mesures présentées dans le cadre du plan de relance en faveur des commerçants sont loin d’être suffisantes, elles ne collent absolument pas à la réalité de terrain. Les autorités doivent à tout prix changer leur fusil d’épaule si elles veulent éviter la mort de leur commune."

Jusqu’ici, le président de l’UCIL s’est refusé à hausser le ton, alors que bon nombre de commerçants réclament des actions "fortes" pour diffuser un message. Mais si la situation venait à perdurer et qu’aucune alternative concrète et tenable ne leur était proposée pour garder la tête hors de l’eau, ce dernier, déjà convaincu que les commerçants sont sacrifiés sur l’autel de la crise, sera bien contraint d’accéder à la demande.