Ils lancent une coopérative et espèrent obtenir le soutien de la Sogepa.

La gobeleterie Durobor va-t-elle revivre ? Son âme est en tout cas toujours omniprésente à travers ses anciens travailleurs. Sept d'entre eux ont décidé de s'unir pour lancer un projet de reprise de l'usine sonégienne qui a été présenté ce mercredi. Ils étaient gestionnaire de l'exploitation, responsable des ressources humaines ou encore chefs d'équipe et ont tous travaillé plus de vingt années chez Durobor. "Nous sommes déjà sept mais le projet est soutenu par l'ensemble des travailleurs", assure Jean-Louis Demoitiez, ancien GRH.

Concrètement, ce noyau dur désire dans un premier temps relancer deux lignes de production de verres timbales (sans pied). "Ces deux lignes sont en bon état et pourraient être redémarrées directement, tout comme la ligne de décoration. Il y a un outil toujours utilisable et puis il y a un savoir-faire unique en Belgique et un ADN très fort. Lors de la faillite le carnet de commande contenait encore 20 millions de verres que nous pourrions produire. Cela rapporterait un chiffre d'affaires annuel d'environ 10 millions d'euros."

L'idée serait de reprendre 85 des 145 travailleurs présents par le passé et de proposer le même système salarial qu'en 2017, avant l'arrivée d'Herman Green à la tête de l'usine. "Dans un premier temps, cela nous permettrait d'atteindre une production minimum de 100 000 verres par jour, ce qui nous mettrait à l'équilibre", poursuit Jean-Louis Demoitiez. "Nous voulons convaincre des anciens clients de revenir et cibler un marché spécifique. Notamment celui des verres que seul Durobor est capable de produire."

Il reste désormais à convaincre la Sogepa, bras financier de la Wallonie et propriétaire de l'usine, de soutenir ce projet. "Nous avons besoin d'un montant entre 1 et 2 millions d'euros pour nous permettre de repartir. Cette somme permettrait de réparer le four, qui est finalement en bien meilleur état que ce qui avait été annoncé avant la faillite, de payer les premiers salaires, les matières premières et de prendre des accords au niveau de l'énergie. Nous avons initié des contacts avec la Sogepa dans ce sens et nous espérons que nous serons soutenus."

En cas de soutien public, notamment de la Sogepa, une relance de l'activité pourrait se faire "dans les 4 à 6 semaines". "Selon un premier retour, la Sogepa ne serait pas contre une reprise de Durobor. Nous sommes, par ailleurs, en discussion au niveau de l'élaboration de la nouvelle société coopérative et du management de l'entreprise." Pour rappel, Durobor a fait faillite le 3 mai 2019. Aucun candidat repreneur n'a été trouvé depuis lors.