Ils suggèrent que l'État organise la production et la distribution de la substance.

La légalisation du cannabis, utopie ou inévitable évolution ? La question méritait réflexion, selon les jeunes du MR de La Louvière. À l’issue d’une conférence réunissant des experts d’horizons professionnels différents (un politique, un avocat, un sociologue, un tabacologue), et des citoyens, les jeunes se sont positionnés.

« À l’aune de ce que nous avons entendu, nous avons arrêté une position que nous comptons défendre au cours des mois et années à venir. Il est devenu nécessaire de légaliser le cannabis mais aussi et surtout, d’encadrer sa production, sa distribution et sa consommation », explique Merveille Siassia au nom du groupe.

L’idée n’est évidemment pas d’encourager la consommation de drogue, quelle qu’elle soit, qui pourrait induire une dépendance. « En revanche, nous nous voulons pragmatiques. Aujourd’hui, la consommation de cannabis concerne une part importante des adolescents et des jeunes adultes. Des dizaines d’années de pénalisation du cannabis ont démontré le caractère parfaitement inopérant de l’interdiction. »

L’idée de légaliser le cannabis n’est pas neuve, évidemment et le débat est régulièrement relancé. Mi-mars, le président du PS, Elio Di Rupo, allait lui aussi dans ce sens en prônant un contrôle de la production par l’état. « Nous défendons une légalisation encadrée de cette substance, c’est-à-dire la possibilité pour l’état d’organiser sa production et sa distribution auprès d’opérateurs agréés », ajoutent les jeunes MR.

« Ceci permettrait de réduire considérablement le taux de HTC, l’agent psychotrope, et de garantir la qualité du produit, ce qui n’est évidemment pas possible dans le cadre d’un commerce illégal. En outre, l’interdiction du cannabis permet d’enrichir les réseaux mafieux tout en alourdissant l’ardoise des soins de santé. » Une légalisation permettrait « d’engranger de nouvelles recettes fiscales qui pourraient être consacrées aux soins de santé. »

Rien n’est joué et une légalisation ne sera pas pour demain. Mais si la réflexion devait aboutir en ce sens, les jeunes MR plaident pour une organisation de la vente via des centres spécifiques où les consommateurs seraient encadrés par des professionnels de la santé. « Nous devons avoir conscience que la prohibition du cannabis ne diffère que très peu de la prohibition de l’alcool dans les années 20… N’est-il pas temps de faire évoluer le modèle ? »