Le soleil tape sur la Belgique ces derniers jours. Encore davantage ce vendredi où le mercure a explosé dans les thermomètres. Du temps idéal pour aller se rafraîchir dans les piscines publiques qui ont rouvert au début du mois de juillet. Sauf que la population semble avoir fait l'impasse sur les activités de baignade en milieu clos.

"Lorsqu'on vient à la piscine, il s'agit d'une forme de liberté comme lorsqu'on va dans un café ou un restaurant", analyse-t-on au Point d'Eau de La Louvière. "Mais dès que l'on restreint la liberté en demandant de réserver ou de porter un bonnet, ça freine les gens. C'est donc souvent mal vécu pour les clients qui préfèrent aller à la piscine lorsqu'ils sont totalement libres."

Cette crainte se transfère directement sur la fréquentation des bassins de la région du Centre. Du côté de Soignies, on tourne à environ 45 personnes chaque jour (plutôt que 300 en temps normal). Idem à Chapelle-lez-Herlaimont avec une trentaine de personnes quotidiennement. "C'est même pire le samedi avec une dizaine de personnes sur toute la journée jusqu'à présent", nous précise-t-on à Chapelle. "C'est évidemment beaucoup moins qu'habituellement, surtout pour les grandes vacances."

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Au Point d'Eau de La Louvière, les chiffres ont dégringolé à 25% de la fréquentation habituelle. "Nous tournons désormais autour de 400 à 500 personnes au lieu de 1 500 à 2000 en temps normal. Nous pourrions accueillir davantage de monde mais cela nécessiterait de sacrifier certaines mesures sanitaires qui nous tiennent à cœur."

En plus de devoir réserver en ligne ou par téléphone, les nageurs doivent respecter des plages horaires bien précises tandis que la capacité d'accueil a été drastiquement réduite pour augmenter le confort et laisser la possibilité au personnel de désinfecter les cabines et les casiers. Les créneaux horaires sont donc souvent remplis à Soignies et La Louvière. Mais pas à Chapelle où il reste encore pas mal de places : "depuis la réouverture, nous n'avons rempli que deux créneaux", assure la responsable de l'accueil.

"Économiquement parlant, c'est vraiment très difficile pour nous de tourner de cette façon", assure le directeur financier du Point d'Eau. "D'autant plus qu'il y a énormément de frais nécessaires pour maintenir les mesures sanitaires. De plus, nous ne dépendons pas d'une structure privée mais bien de la Ville de La Louvière. Vu la situation actuelle, nous avons vraiment du mal à voir le bout du tunnel."

Les piscines espèrent donc rapidement pouvoir sortir la tête de l'eau. "C'est dur mais nous sommes déjà heureux d'avoir pu reprendre et surtout que ça fonctionne bien pour les gens qui viennent", tempère-t-on à Soignies. "Ils se sentent rassurés en venant grâce aux mesures mises en places. Ce qui leur permet d'avoir une petite dose de délassement en cette période compliquée."