Les premières tensions nées à l’issue de la rencontre entre la ville de La Louvière et la RAAL en vue de discuter du projet du club de football, qui souhaite ériger un nouveau stade à côté de l’actuel site du Tivoli, a donné lieu à quelques inquiétudes dans la Cité des Loups. Plusieurs citoyens craignent en effet que le dossier ne puisse aboutir, non pas selon eux du fait de la position du club mais bien des exigences de la ville.

On rappellera en effet que cette dernière est propriétaire des terrains grâce à un don de la famille Orban, et qu’elle entend faire respecter certaines clauses, dont celle de "garantir l’accessibilité du site à toutes les sociétés sportives indistinctement", et donc également aux membres de l’URLC. Il ne s’agit là que d’un désaccord et à ce stade, rien n’est joué. Les autorités locales et le club doivent encore se rencontrer, tous les points n’ayant pu être abordés lors de la première rencontre.

Toujours est-il que les supporters de la RAAL, à l’instar de certains citoyens, ne semblent déjà plus y croire. Dans une carte blanche, un "Louviérois désabusé" fait part de son ressenti. "Après le véritable fiasco de la Strada dont la ville de La Louvière va devoir tant bien que mal sauver sa face devant les tribunaux, voilà qu'un autre dossier très brûlant arrive sur la table de la ville de La Louvière : le futur stade de la RAAL"

Pour ce dernier, le fait qu’un investisseur privé souhaite injecter des millions d’euros, sur fonds propres, dans un projet aussi important et novateur devrait réjouir les autorités locales. "La ville de La Louvière va donc avoir un nouveau stade sans devoir débourser un centime sur la construction même du stade. N'importe quelle ville se frotterait les mains et accepterait un tel projet avec un réel enthousiasme (pas un enthousiasme de façade) et ferait tout pour que ce projet aboutisse. N'importe quelle ville serait fière et heureuse de voir que des investisseurs privés veulent dynamiser leur cité. N'importe quelle ville… Sauf La Louvière."

Pour l’auteur de cette carte blanche, l’attitude des autorités dans ce dossier pose question. "La ville de La Louvière aime toujours compliquer les choses, manquer de souplesse et se montrer très rigide quand elle ne peut pas tirer la couverture elle-même. Les premiers obstacles se posent très rapidement : intégrer l'URLC au projet et ne pas prendre part aux investissements bordant le stade. Deux points que la RAAL estime (à très juste titre, soyons censés) inenvisageables."

Et de poursuivre : "Un bras de fer compliqué s'annonce donc entre Salvatore Curaba, qui n'est pas connu pour être patient et souple en affaires et une ville qui ne cesse de crier (au loup) qu'elle veut se relancer, se redéployer. Si ce projet ne devait pas aboutir, ce serait un deuxième énorme camouflet pour la ville après la Strada et surtout un message très clair : Investisseurs privés : ne venez pas à La Louvière !"

Comme probablement d’autres, le Louviérois se questionne. "Quelle ville est assez folle pour ne pas aider un investisseur privé prêt à investir 18 millions et créer des emplois à long-terme ? Quel message la ville envoie-t-elle aux investisseurs privés, aux médias, au public quand elle se montre incapable de réaliser un projet d'envergure ? La ville de La Louvière veut-elle vraiment devenir une cité dortoir, morte de toute activité et d'ambiance ? Un club de foot ne contribue-t-il pas à l'image d'une ville ? N'a-t-on pas parlé de La Louvière à travers son club durant les "années D1" partout en Belgique et même à l'étranger ?"

On rappellera que par voie de communiqué, la ville a, sans nier une rencontre difficile avec le club, réitéré son souhait de soutenir le projet. "Il est prématuré de parler d'échec mais une chose est sûre, après le fiasco Strada, la ville joue sa crédibilité aux yeux de tous. Elle a l'opportunité de montrer qu'elle est capable de réaliser des grands projets et qu'elle peut, elle aussi, être attractive sans quoi elle risque de donner du grain à moudre à ses détracteurs et de prouver une fois de plus qu'elle est une ville à l'abandon, dont l'image continue à s'enliser et faire fuir les classes moyennes et aisées qui ne veulent plus du misérabilisme louviérois."

Voilà qui est dit. Reste à voir si dans les faits, les craintes formulées seront justifiées.