L’annonce avait eu l’effet d’une bombe sur le site AGC Seneffe en ce début d’année. Largement abordé dans nos colonnes, le groupe annonçait la perte de 47 emplois à l’usine seneffoise, soit 22% des travailleurs. Une décision qui a enclenché la procédure dite "Renault", dès lors que le motif de licenciement est non-inhérent à la personne du travailleur. Depuis, les ouvriers et employés du site n’ont cessé de demander de l’aide à la Région wallonne. Le député wallon et responsable du PTB pour la Région du Centre, Antoine Hermant, a interpellé de nouveau Willy Borsus sur ce point.

Au parlement wallon, le ministre de l’économie a confié lancer une étude de marché pour le site de Seneffe. "Je pense que AGC TIV ne souhaite pas précariser l’emploi", souligne Willy Borsus. "L’objectif de l’étude partagé par les partenaires sociaux AGC Seneffe est d’envisager des segments d’activités complémentaires pour mieux valoriser le savoir-faire du site de Seneffe. A cet égard, j’ai effectivement été sollicité par les délégations syndicales en accord avec l’administration AGC pour une étude effectuée et financée par la région wallonne. Et j’ai marqué mon accord."

Selon le ministre wallon, cette décision montre les bonnes intentions de l’entreprise. AGC travaillerait en parallèle du plan social actuellement en discussion, de continuer à investir à Seneffe pour améliorer les performances industrielles. Mais aussi de spécialiser les deux usines de TIV, en Pologne et en Belgique, dans leur cœur de métier propre pour mieux saturer les capacités des outils de production. Une nouvelle rassurante pour les travailleurs, après l’annonce de la délocalisation de la production de certains produits très rentables pour l’entreprise en Pologne. "L’objectif est de sauver la branche TIV dans son ensemble et de conserver une production au départ de Seneffe", ajoute Willy Borsus.

Le ministre a également confirmé la collaboration entre de la branche TIV AGC et la SNCB. "AGC est le fournisseur qui a été retenu pour le design, la fabrication et la livraison des pare-brises et du vitrage latéral des trains M7", confie Willy Borsus. "Pour la maintenance aussi à la mi-vie des trains M6 pilotés par la SNCB, l’AGC défend actuellement ses chances auprès de l’opérateur national et espère pouvoir être retenue pour fournir aussi des vitrages latéraux." Rappelez-vous, l’entreprise annonçait que l’entité TIV était fortement déficitaire depuis 2019. En cause, la crise du marché de remplacement, et dans une moindre mesure, l’impact de la crise sanitaire. L’ensemble aurait mené la branche à être en surcapacité et dans une situation de viabilité critique. 

Du côté du PTB, on craint que la crise du coronavirus ne soit qu’une bonne excuse pour augmenter les bénéfices sur le dos des travailleurs. Des rumeurs annonceraient la signature de quatre contrats à durée indéterminée, "alors que l’entreprise était dans une phase Renault. Il y a certaines incohérences et nous craignons une destruction de l’emploi de qualité pour des contrats précaires." Pour Antoine Hermant, le rôle de la Région wallonne est de garantir des emplois de qualité dans ce dossier. Affaire à suivre.