Le centre psychiatrique Saint-Bernard a collaboré avec l'artiste DZIA

Égayer un lieu qui, de prime abord, n’a rien de plaisant, c’était l’objectif poursuivi par les équipes du Centre Psychiatrique Saint-Bernard, à Manage. Les œuvres de l’artiste DZIA ornent désormais les murs du centre. L’une des fresques, la seule extérieure, ne passe pas inaperçue puisqu’elle mesure quatre mètres sur 39.

« Il s’agit en fait d’un nouveau bâtiment, inauguré il y a six mois. Nous y accueillons principalement des personnes qui sont mises en observation sur décision du parquet ou de juge de paix parce que leur état psychiatrique représente une potentielle menace pour eux-mêmes ou pour les autres », explique le Dr. Fays, médecin chef du centre. « Nous sommes ravis de les accueillir dans un bâtiment neuf, plus confortable. Mais se posait la question de la décoration pour le rendre agréable. »

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Pas question en effet d’accrocher des cadres aux murs puisque ceux-ci pourraient représenter un risque. « Nous avions aussi ce mur de béton à l’extérieur, qui sécurise les lieux… Je connaissais les œuvres de DZIA et j’ai donc soumis mon idée au directeur et à mes collègues qui ont de suite adhéré au projet. » De là, les contacts étaient pris pour soumettre la proposition à l’artiste.

« Il est venu et nous avons organisé des workshops avec les patients afin de voir comment ils envisageaient les choses : est-ce qu’ils souhaitaient des animaux exotiques, des animaux d’ici ? Ce sont finalement plusieurs fresques qui ont été conçues. Les retours sont extrêmement positifs, tant du côté des patients que des familles et du personnel. Ça égaie l’environnement. Et l’on sait à quel point l’environnement peut être important en psychiatrie. Cela ne peut que contribuer à la qualité des soins promulgués. »

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Le résultat est en tout cas bluffant : les couleurs sont sobres, le trait précis et la patte de l’artiste on ne peut plus identifiable. « J’utilise des lignes noires, ce qui rend le travail dynamique et reconnaissable. J’aime mettre les animaux dans un milieu urbain pour leur redonner de l’importance », précisait hier DZIA, qui assistait à l’inauguration de son travail. Au total, deux semaines de travail auront été nécessaires.

« C’est une première expérience en centre psychiatrique mais elle était très positive. J’ai pu faire mon truc tout en étant en contact avec les patients, qui étaient particulièrement enthousiastes par rapport à ce que je faisais. » Que l’on aime ou pas la marque de fabrique de DZIA, difficile de rester insensible à la qualité de son travail et à la démarche entreprise en collaboration avec le centre.

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