Ce dimanche sera un jour très particulier pour Marcel Couteau. L'ancien bourgmestre du Roeulx (de 1982 à 1985) franchira le cap des 50 années, sans interruption, en tant que membre du conseil communal de sa ville. Cette longévité a débuté le soir du 11 octobre 1970 lorsque le jeune Marcel, alors âgé de 37 ans, était élu sur la liste Alliance démocratique. Aujourd'hui âgé de 87 ans, Marcel Couteau n'a rien perdu de sa vigueur politique. Entretien.

M. Couteau, vous vous souvenez encore de ce 11 octobre 1970 ?

"Oui bien sûr. C'était un événement parce que c'était la première fois que notre groupe obtenait deux élus au conseil communal du Roeulx. A l'époque, c'est Benoit Friart, le papa de l'actuel bourgmestre qui a hérité du même prénom, qui était à la tête de la commune."

Pour vous, c'était le début d'une grande aventure.

"J'avais déjà été élu à la Chambre deux ans plus tôt. Mais c'est vrai que c'était le début pour Le Roeulx. Par la suite, j'ai été échevin des travaux dès 1977 puis bourgmestre entre 1982 et 1985. Être au service des citoyens, c'était évidemment captivant pour moi."

Pourquoi vouliez-vous faire de la politique ?

"Dans ma famille, j'étais déjà impliqué dans cette mouvance politico-syndicale. Donc c'était un peu la suite logique. J'avais envie de me battre pour ces idées."

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De quoi êtes-vous le plus fier ?

"Peut-être d'avoir intégré une certaine forme de démocratie et de la transparence lorsque nous étions au pouvoir. Par exemple, nous prenions régulièrement en compte les propositions de la minorité. C'était presque révolutionnaire à l'époque d'admettre que la majorité n'avait pas forcément toujours raison. Et à l'heure actuelle, nous avons beaucoup perdu cette transparence qui est la pierre angulaire de la démocratie selon moi."

Vous avez donc vu la politique évoluer durant ces années.

"Durant mes 50 années, j'ai constaté un recul de la démocratie communale. Avant, en tant que conseiller communal, j'avais par exemple le droit de visiter les bâtiments communaux avec un rôle passif. Mais maintenant, il faut introduire une demande quatre jours à l'avance et être accompagné d'un échevin. L'effet de surprise n'existe plus. Idem pour consulter des documents. Il y a un long cheminement pour y arriver. Ce n'était pas le cas avant."

Qu'est-ce qui a nourri votre flamme politique pendant 50 ans ?

"La proximité avec les gens. J'adore être proche des gens. C'était déjà ma conception lorsque j'étais militant syndical. 

Si vous allez jusqu'au bout de votre mandat, vous aurez 91 ans !

"Je n'irai pas jusque là. Au départ, je comptais arrêter après mes 50 ans de mandat. Mais j'hésite encore parce que je n'aime pas être bousculé. Je vais donc peut-être encore me battre un peu. Et après, je laisserai ma place aux jeunes. Je sais déjà que la relève est assurée avec quelqu'un comme Grégory Lucas qui est un bon conseiller communal qui n'hésite pas à dénoncer ce qui ne va pas."

Que peut-on vous souhaitez désormais ?

"De vivre encore au moins 10 ans ! (rires) Et que l'on garde un esprit combatif et de contestation. Que les jeunes aient un esprit critique et qu'ils ne prennent pas tout pour argent comptant. Parce que c'est quelque chose qui fait cruellement défaut de nos jours. On gobe tout ce qu'on nous dit, presque comme des robots, et on ne prend plus la peine de tout remettre en question."

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