Centre Le promoteur immobilier n'a pas dit son dernier mot mais la commune non plus.

Il y a quelques semaines, le conseil communal d'Ecaussinnes statuait contre le projet de lotissement du quartier de l'Avedelle, à Marche-lez-Ecaussinnes. Le conseil votait en réalité en défaveur de la demande de création d’une nouvelle voirie ainsi que de la modification d’une partie du tracé du sentier 36. Ce qui avait pour conséquence de bloquer la suite du projet sollicité par la société Simon-Invest. Mais le promoteur avait 15 jours pour réagir. Ce qu'il a fait en introduisant un recours.

Le document a été transmis auprès du cabinet de Carlo Di Antonio (cdH), ministre wallon de l'aménagement du territoire, qui a désormais soixante jours pour se prononcer sur ce recours. "Pourquoi nous allons en recours ? La commune estime notamment qu'il n'y a pas de maillage", débute Geoffrey Sibille, de Simon-Invest. "Or, ce projet créerait justement un maillage entre la rue Delval et la rue de l'Avedelle. De plus, un tel projet qui amènerait des habitants serait très utile pour la survie du village qui souffre actuellement au niveau du commerce et des écoles."

La société Simon-Invest s'étonne aussi d'une situation paradoxale. "Le projet a fait l'objet d'une étude d'incidence dans son ensemble via deux bureaux d'étude. Dont un qui est celui qui a établi le nouveau schéma de structure de la commune d'Ecaussinnes il y a une dizaine d'années. Ce bureau a donc appliqué le schéma qu'il avait lui-même érigé par le passé pour la commune. Et aujourd'hui, la commune s'y oppose."

De son côté, la commune d'Ecaussinnes reste prête à reprendre la balle au bond. "Le recours n'aborde pas vraiment d'éléments neufs par rapport au dossier initial", réagit Arnaud Guérard (Ecolo), échevin de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme. "Nous mandatons notre avocat afin de défendre les intérêts des citoyens et de la commune. Nous espérons que le ministre sera cohérent avec la décision du conseil communal étant donné que l'unanimité était prononcée contre ce projet que nous estimons inopportun et en adéquation avec un aménagement du territoire de qualité, réfléchi et maîtrisé."

Si ce recours venait à être accepté par l'autorité régionale, la commune d'Ecaussinnes pourrait encore réagir. Soit en saisissant le Conseil d'Etat, soit en émettant d'autres refus à l'étape suivante, celle du permis d'urbanisation. Pour rappel, le projet porte sur la création d'un quartier résidentiel comportant 30 à 35 maisons unifamiliales et d’un immeuble de 5 à 10 appartements (avec un accueil de la petite-enfance au rez-de-chaussée) sur le site situé entre la rue de l'Avedelle et la rue Delval à Marche-lez-Ecaussinnes.