Le Musée du Masque présente le travail d'artistes romains qui n'ont pas baissé les bras durant le confinement.

On n'en a jamais autant parlé depuis la crise du coronavirus, le masque est sur toutes les lèvres. À Binche, il dispose même d'un musée. Évidemment, les collections et expositions du MUM évoquent davantage le folklore et les rites des quatre coins du monde plutôt que la protection sanitaire. Et pourtant, avec Respiro Prezioso, le Musée du Masque met les pieds dans le plat de l'actualité.

Cette nouvelle expo à visiter du 27 juin au 16 août offre en effet à découvrir une série de dessins réalisés par des étudiants en design d’orfèvrerie de l’Accademia Delle Arti Orafe de Rome. L’Italie a été le premier pays européen à être profondément affecté par le COVID-19. Et durant le confinement, les étudiants de Barbara Brocchi, célèbre professeure de design en orfèvrerie, se sont lancé le défi de revisiter le masque sanitaire de manière artistique.

Deux pièces d'orfèvrerie et 11 dessins composent la nouvelle exposition du MUM. "Cette initiative nous a semblé d’autant plus intéressante que les artistes ont fait le lien entre le masque et le bijou, deux éléments de parures rituelles à travers le monde, mais également, entre le souffle créateur (qui a été indispensable pour la survie de certains durant le confinement) et le souffle de vie (qui est, par le port du masque, altéré, tout en étant protégé)", indique Clémence Mathieu, directrice du musée. "Nous avons voulu également faire honneur à l’Italie si durement touchée par la crise du Covid-19, mais également au lien qui unit nos deux pays, par la forte présence de la communauté italienne en Région du Centre."

Mais comment l'initiative portée à Rome a-t-elle trouvé écho dans la Cité du Gille? Christelle Deliège a été le trait d'union. L'ancienne directrice du Musée du Masque fait aujourd'hui partie de ces étudiants romains qui ont eu l'idée de revisiter le masque chirurgical. "Durant le confinement, pour ne pas plonger, nous avons continué à échanger nos créations, semaine après semaine, dans une Italie ou une Belgique à l’arrêt et accablées", explique Christelle Deliège. "Un jour, un peu par boutade, en parlant des grandes Maisons de mode qui commençaient à utiliser le masque de protection comme accessoire à part entière, on s’est lancé un défi : créer un masque qui reprendrait notre identité artistique pour le rendez-vous suivant. De là est née l’idée d’y associer le Musée international du Carnaval et du Masque de Binche. Unique au monde, ce musée pourrait jouer un rôle clé dans l’acceptation collective du masque de protection."

Plus qu'un délire artistique, les travaux de Respiro Prezioso ambitionnent également de sensibiliser au port du masque à travers la mode et l'art. "Ne sont-ils pas des moyens de sensibilisation ainsi que des lieux de propagation des innovations et des nouvelles tendances qui se transforment souvent en de nouvelles identités ? C’est bien là notre objectif", conclut Christelle Deliège.