Depuis quelques jours maintenant, le cimetière de Maurage est inaccessible aux citoyens et aux familles qui souhaiteraient se recueillir sur les tombes de leurs proches. Les accès ont été verrouillés et les grilles ont été bâchées afin de permettre aux ouvriers de mener, en toute discrétion, une délicate opération d’excavation. Au total, 12 caveaux et 31 corps sont concernés.

Si ces excavations peuvent naturellement choquer, elles sont malheureusement nécessaires. "Lorsqu’une tombe est susceptible d’être concernée, un écriteau est posé devant celle-ci afin que les familles puissent se manifester", explique Antonio Gava (PS), échevin en charge des travaux. Au bout d’une année complète, si les familles ne se sont pas fait connaitre, les tombes sont désaffectées.

"Il s’agit en général de tombes abandonnées, qui ne sont plus entretenues parce que les proches ont déménagé, parce qu’il n’y a plus de famille,… Les raisons peuvent être multiples. Nous sommes conscients qu’il s’agit d’un sujet délicat mais ces opérations sont nécessaires car il n’est pas possible d’agrandir à l’infini nos cimetières." Les cercueils sont donc ainsi remontés et les restes envoyés vers des ossuaires.

À Maurage, les travaux d’exhumation sont pratiquement terminés. "Nous allons ensuite entreprendre les mêmes opérations du côté de Trivières et de Saint-Vaast. C’est quelque chose qui se fait chaque année, en collaboration avec un expert de la Région wallonne, qui nous aiguille aussi dans nos choix. Sans son intervention, nous ne pourrions plus enterrer à La Louvière, par exemple. C’est lui qui nous a conseillé de désaffecter certains quartiers du cimetière."

Envisager mais surtout mettre en œuvre des extensions, dans les 14 cimetières de l’entité louviéroise, est tout simplement impossible, financièrement parlant. Il faut donc trouver d’autres alternatives. "C’est fait avec beaucoup de respect, et certaines tombes ne seront jamais concernées, soit parce qu’elles sont entretenues, soit parce qu’il s’agit de tombes historiques, par exemple d’anciens combattants."

Notons encore que d’ici peu, l’échevin présentera son "plan cimetière", un projet qui s’étalera sur plusieurs années et qui prévoit, entre autres, de l’engazonnement, le bétonnage des allées centrales pour faciliter la mobilité des personnes à mobilité réduite, le placement de caméras de vidéosurveillance ou encore une cartographie de l’ensemble des cimetières communaux. Six personnes seront par ailleurs engagées entre mars et novembre afin de procéder au nettoyage de ces lieux de recueillement.