Depuis deux mois, Maxime Daye (MR) a enfilé la casquette de président de l’UVCW.

Le 13 décembre dernier, le président du MR Georges-Louis Bouchez annonçait que Maxime Daye était désigné à la présidence de l’Union des villes et communes de Wallonie (UVCW). Le bourgmestre brainois succédait ainsi à six années de présidence de Jacques Gobert (PS), son homologue de La Louvière. Depuis lors, Maxime Daye a pris le taureau par les cornes pour assumer ses nouvelles fonctions. Entretien.

Maxime, racontez-nous comment s’est déroulée l’accession à cette présidence ?

"Depuis quatre ans, je suis administrateur à l’UVCW. Lorsque nous avons appris que le MR avait décroché la présidence pour cette nouvelle mandature, j’ai fait vœu de candidature auprès de Charles Michel, qui était encore président du MR à l’époque. En sachant que le MR ne possédait plus de parlementaire issu de la région du Centre, j’estimais que cette présidence était une belle manière d’apporter de la visibilité à la région via un poste important qui est essentiel pour les 262 communes wallonnes. Au sein du MR, Charles Michel a proposé que ça soit son successeur qui prenne la décision donc c’est Georges-Louis Bouchez qui a tranché parmi trois candidats : moi, Jacqueline Galant et Anne Barzin."

Vous êtes un peu un président record.

"Oui, c’est vrai. Non seulement, c’est la première fois qu’un libéral occupe cette fonction mais je suis aussi le plus jeune."

Votre vice-président est une figure connue : Jean-Michel Javaux.

"Oui. Ça m’a fait bizarre. Quand j’ai débuté en politique, c’est lui qui était co-président d’Écolo et j’aimais beaucoup ce qu’il faisait. Et aujourd’hui, il est mon vice-président et nous travaillons ensemble."

Vous avez récemment rencontré le ministre Pierre-Yves Dermagne.

"Oui. J’ai prévu de voir l’ensemble des ministres, tant au niveau régional que fédéral. Je fais cette petite tournée pour me présenter mais surtout pour leur rappeler quels sont les enjeux au niveau des pouvoirs locaux pour la nouvelle législature. Je vise donc à sensibiliser chaque ministre en fonction de ses matières qui sont susceptibles de concerner l’UVCW. Pour Pierre-Yves Dermagne (PS), ministre des Pouvoirs locaux et donc très important vis-à-vis de l’UVCW, c’est la première fois que je le rencontrais. Je l’ai trouvé très positif et il est très conscient des problématiques liées aux communes."

Et le fédéral ?

"J’admets que je suis assez fier d’avoir pu décrocher une audience auprès des informateurs royaux Bouchez et Coens. Ils ont reçu les présidents des trois Unions des villes et communes de Belgique. C’est la première fois que les pouvoirs locaux sont écoutés dans les négociations fédérales."

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Tout cela vous prend énormément de temps.

"J’ai une dizaine de notes à valider chaque jour. Puis il y a toutes les rencontres. Je vais un jour par semaine à Namur. Je dois aussi digérer de nombreux dossiers sur différentes matières qu’il faut maîtriser. Mais c’est très passionnant de pouvoir se battre pour l’intérêt des communes."

C’est conciliable avec la fonction de bourgmestre ?

"J’admets que cela empiète pas mal pour le moment parce que c’est encore le début. Le programme est très chargé. J’ai toutefois la chance d’avoir un très bon collège qui me soutient et d’avoir un nouveau directeur général qui abat un boulot de dingue. Cela me facilite la tâche mais je vais malgré tout chaque jour à l’hôtel de ville pour faire ce qui doit être fait. Donc il n’y a aucune lacune dans la gestion de la commune. J’ai aussi abandonné d’autres fonctions pour compenser : le collège de la zone de secours et j’ai changé de fonction au sein du MR."

On a vous a critiqué sur le fait que vous cumuliez.

"C’est une fonction complémentaire mais c’est mon problème privé d’accepter de travailler davantage d’heures. Car au final, ce qui en pâtit le plus, c’est ma vie privée."

Financièrement, ça se passe comment ?

"Le mandat de président est "à titre gratuit". Il n’y a aucun salaire mensuel. On reçoit simplement un jeton de présence de 200 euros brut à chaque conseil d’administration. En revanche, toutes les autres réunions et tout le temps que je passe à étudier les dossiers, ce n’est pas rémunéré. Or, beaucoup de gens font des amalgames et pensent que je gagne comme un ministre…"

Cette fonction vous donne des envies pour l’avenir ? Par exemple un poste de député.

"Ma priorité, c’est la Ville de Braine-le-Comte. En 2024, je devrai choisir et me positionner. Beaucoup de gens me poussent pour que je sois un jour député et c’est vrai que ça serait très intéressant de passer de l’autre côté. Mais j’adore la fonction de bourgmestre et ma ville. Dans ma tête, je suis très bien à ce poste. 2024 est encore loin donc nous verrons bien…"