Lorenzo Di Francesco, l'accusé, a fait part du récit détaillé des tragiques événements survenus la nuit du 29 mai au 30 mai 2017.

L'accusé Lorenzo Di Francesco a été interrogé lundi matin par le président de la cour d'assises du Hainaut, Philippe Restau, au sujet des faits survenus dans la nuit du 29 mai au 30 mai 2017 à la rue Neuve à Chapelle-Lez-Herlaimont. Il est accusé d'avoir cette nuit-là frappé, étranglé puis égorgé la mère de ses trois enfants, Claudia Barbone. Lorenzo et Claudia ont formé un couple durant 17 ans, ils s'étaient rencontrés à l'école. Trois enfants sont nés de cette union. "On formait un couple harmonieux avec parfois des coups de gueule, des crises de jalousie", a déclaré l'accusé lors de l'instruction d'audience.

Puis le maçon a commencé à avoir des soucis de santé, à la suite d'un accident de voiture. "Fin avril, début mai 2017, je faisais des allers-retours entre la maison et l'hôpital. Je me suis rendu compte de choses bizarres, j'ai commencé à avoir des doutes, j'ai essayé de lui en parler mais elle me disait que je me faisais des films. Elle était devenue étrange, elle cachait son téléphone. J'en ai parlé à ma nièce qui m'a dit qu'il y avait quelque chose et que je ne me faisais pas de film. Les gros doutes se sont confirmés par la suite", a déclaré l'accusé qui dit avoir eu une enfance heureuse avec ses parents originaires des Abruzzes.

Après sa sortie de l'hôpital, en mai 2017, l'accusé a découvert des SMS troublants dans le téléphone de sa compagne. "Elle disait à Angélique F. que j'étais fou, qu'elle allait me quitter dès que possible, qu'elle gérait les comptes. Elle s'était inventée une vie en disant qu'elle travaillait. J'ai fait une capture d'écran et je lui ai montré".

Il y avait aussi des messages à connotation sexuelle et des photos de la victime dans son bain. L'accusé était jaloux. "J'ai essayé de contacter ce numéro en anonyme mais personne n'a répondu. Je voulais savoir qui c'était, je voulais savoir la vérité. Je n'étais pas bien, j'étais triste car l'amour que je lui portais n'était pas réciproque. Elle contestait me tromper. Je voulais me séparer, elle ne voulait pas. J'étais perdu".

L'accusé a montré les SMS échangés entre sa compagne et un tiers à des proches. "Je ressentais de la peine, de la tristesse, de la colère car j'ai eu le sentiment d'avoir été trahi alors que je n'ai jamais regardé une autre femme", poursuit celui qui jure n'avoir jamais levé la main sur la victime. Au même moment, il dit avoir été régulièrement poursuivi par une Mercedes, "j'ai cru que c'était l'amant de Claudia, je lui ai posé la question mais je n'ai pas eu de réponse".

Le soir des faits, le couple avait dîné chez les parents de la victime. "Je suis allé coucher les enfants. Elle m'a demandé de lui faire un câlin, j'ai refusé. Ensuite, je lui ai dit que j'allais partir. Elle m'a dit qu'elle allait appeler la police si je passais la porte. Je suis allé fumer dans la véranda. Elle m'a dit qu'elle me trompait et qu'elle allait me faire enfermer chez les fous. Je n'ai pas compris ce qui m'arrivait, j'ai été pris d'une décharge de la tête aux pieds, et je l'ai attrapée par les épaules. Puis ce fut le trou noir. J'ai repris mes esprits quand j'ai vu le sang par terre".

L'accusé dit avoir eu des flashs. "Je me vois lui donner deux coups de poing", dit celui qui entendait sa nièce lui parler. Il est allé ensuite dans la cuisine pour se saisir d'un couteau, "et j'ai frappé deux fois en lui demandant pourquoi elle m'avait fait ça, j'étais en colère". Lorenzo Di Francesco prétend avoir voulu se suicider en se portant des coups de couteau à hauteur du cou. Il s'est ensuite réveillé à l'hôpital.

L'avocat général, Ingrid Godart, note cependant qu'il a fait une déclaration "très précise" quelques heures après les faits. Lorenzo Di Francesco est accusé du meurtre de Claudia Barbonne, 32 ans. Son procès est prévu pour une semaine. La cour d'assises entendra des témoins lundi, mardi et mercredi.