La cour d'assises du Hainaut a entendu, mardi, les proches de Lorenzo Di Francesco et de Claudia Barbone. 

Ces témoins ne comprennent pas ce qui s'est passé durant la nuit du 29 au 30 mai 2017 dans la maison de la rue Neuve à Piéton. Cette nuit-là, l'accusé a tué sa compagne en l'étranglant et en lui portant des coups de couteau. Elle venait de lui annoncer qu'elle avait un amant.

Il ressort des témoignages que Lorenzo Di Francesco n'était pas un homme violent. Personne ne l'a vu, en dix-sept ans de vie commune, porter des coups à sa femme dont il était fou amoureux. Les seules fois où il se serait montré violent, c'était à l'égard d'hommes qui faisaient des commentaires sur la poitrine généreuse de sa femme. Mais l'accusé était surtout un homme dépressif qui ne suivait pas le traitement que lui avait prescrit un médecin.

Au début du mois de mai, Claudia Barbone a commencé à consulter des sites de rencontres et est tombée sur F., un quadragénaire qui voulait s'amuser et avec lequel elle a eu des relations sexuelles. Peu de gens étaient au courant. Lorenzo Di Francesco avait lui découvert des messages et photos compromettantes dans le téléphone de la mère de ses trois enfants.

Les disputes se sont multipliées depuis lors. "Ils ont parlé de séparation en faisant semblant de rien. Ils niaient la situation. Ils donnaient une bonne image d'eux", a déclaré la nièce qui vivait à leur domicile et était la confidente des deux conjoints qui se parlaient à peine. Le 4 mai, la victime a appelé une copine au secours en lui demandant de dire à son mari qu'elle était au téléphone avec elle. "Elle m'a dit qu'il avait pété un câble parce qu'elle était au téléphone. Il avait défoncé la porte de la salle-de-bain où elle était. Je l'ai rappelée en soirée et elle m'a dit que cela s'était calmé", a raconté ce témoin.

La mère de Claudia Barbone a aussi assisté à une dispute, le vendredi qui a précédé les faits. "Il voulait son téléphone mais elle refusait de lui donner. Je leur ai dit de ne pas faire de bêtises car ils avaient trois enfants", a rapporté la mère de la victime. Elle n'a pas accepté les excuses de l'accusé, qui a "détruit (sa) vie".

Le 25 mai, Claudia Barbone s'est confiée à une amie. "Il avait l'air énervé, elle était anxieuse. Elle m'a dit qu'ils se disputaient souvent. Ce jour-là, elle n'était plus la fille souriante que j'ai connue. Elle disait qu'il était parano et qu'il la croyait infidèle. Il est arrivé, il roulait doucement, faisait le tour de la cité. A chaque fois qu'il passait, il la regardait comme un psychopathe et rigolait. Il m'a montré des photos sur son téléphone alors qu'elle était plus loin, au téléphone. Elle jurait de ne pas l'avoir trompé", a encore dit cette amie.

Le couple avait aussi été invité à un anniversaire à Frameries, chez la meilleure amie de la victime. "Lorenzo restait dans son coin, il parlait peu avec les autres. Claudia a expliqué qu'elle était dans un groupe de fille sur Facebook et elle avait demandé à une fille du groupe de se faire passer pour un homme car Lorenzo était parano et jaloux. Elle voulait qu'il vide son sac. Ils sont allés discuter dehors. Il a dit adieu à ses enfants et a démarré en furie. On l'a appelé, il est revenu. Il s'est couché dans le couloir et il disait vouloir mourir. Elle a dit que s'il mourait, elle voulait mourir aussi. Il avait l'air perdu. Cela le rongeait de l'intérieur, cela devenait insupportable pour lui", a déclaré ce témoin.

Le jour des faits, Lorenzo s'est excusé auprès de cette amie pour son comportement. "Il m'a demandé si je savais qu'elle le trompait. J'ai dit non. Il a dit qu'il était sûr de lui. Il ne savait pas comment faire pour vivre avec elle", a-t-elle poursuivi. Mais durant la nuit, lors d'une ultime dispute, elle lui a dit la vérité et reconnu ses infidélités. Il l'a frappée avant de l'étrangler et de lui porter des coups de couteau. Il s'est ensuite donné sept coups de couteau dans le cou mais les blessures étaient superficielles. Quand les policiers sont arrivés, il était couché sur le ventre, à côté du corps sans vie de sa femme. Il tenait encore l'arme du crime, un couteau équipé d'une lame de 18 centimètres.

Mardi, la défense a annoncé qu'elle souhaitait poser l'excuse de provocation car la contrainte irrésistible a été écartée par les experts en santé mentale, mardi matin. La cour entendra les derniers témoins mercredi et les débats sur la culpabilité sont prévus jeudi.