Pour les experts, le fait que l'accusé ne se souvienne que de certaines séquences est classique.

La cour d'assises du Hainaut a auditionné, mardi, le collège d'experts en santé mentale, composé d'un psychiatre, d'un psychologue et d'un neuropsychiatre, qui a analysé Lorenzo Di Francesco, accusé du meurtre de Claudia Barbone, commis la nuit du 29 au 30 mai 2017 à Piéton (Chapelle-lez-Herlaimont). Ils ont démonté la contrainte irrésistible.

Lundi, l'accusé avait déclaré qu'il avait eu une décharge lorsque sa femme lui avait appris qu'elle l'avait trompé. Les premiers coups portés à sa compagne avec ses mains sont suivis d'un trou noir, a-t-il affirmé, ce qui permettrait à la défense de plaider l'article 71 du code pénal (la perte du libre arbitre) et son acquittement.

Mardi, devant la cour, les experts ont démonté ce moyen de défense. "Nous n'avons pas détecté de trouble mental structuré qui aurait pu altérer la capacité de discernement au moment passage à l'acte", a déclaré le psychiatre qui place les faits dans un contexte précis de dispute de couple. "Il peut être submergé par ses émotions sans annihiler ses capacités à stopper le processus", a ajouté le psychologue.

Pour les experts, le fait que l'accusé ne se souvienne que de certaines séquences est classique. L'accusé avait fait l'objet d'un traitement médical car il présentait des symptômes dépressifs depuis 2009. Après une première médication, il a bénéficié d'un deuxième traitement mélangeant un antidépresseur, un anxiolytique, un somnifère et un neuroleptique. "Un traitement comme celui-là doit être suivi de manière très rigoureuse. S'il n'est pas suivi à la lettre, cela risque de se retourner contre la personne avec une rechute dépressive plus sévère qu'avant", indique le psychiatre.

Or, il semble que l'accusé ait mis fin à cette médication de manière nette. Le psychiatre a également souligné qu'un suivi psychothérapeutique devait être mené simultanément. "Il faut que la personne s'engage dans ce suivi. C'est la meilleure manière de résoudre une partie des problèmes."

Lorenzo Di Francesco est accusé du meurtre de la mère de ses trois enfants, Claudia Barbone. Il lui a porté des coups avant de l'étrangler et de lui asséner des coups de couteau, dans le thorax et au cou, car il la soupçonnait de le tromper. Les faits ont eu lieu dans la véranda de la maison du couple. Lorenzo et Claudia étaient en couple depuis dix-sept ans. Elle avait rencontré un autre homme, appelé à témoigner dans la journée.