Le couple, qui avait des soucis financiers, donnait l'apparence d'un couple uni.

Lundi, la cour d'assises du Hainaut a auditionné Lorenzo Di Francesco, accusé du meurtre de sa compagne, Claudia Barbone, mais aussi le juge d'instruction, les policiers et le médecin légiste. Si la question du meurtre ne fait aucun doute, on a compris que la défense insistera sur la contrainte irrésistible.

Lundi, lors de l'instruction d'audience, Lorenzo Di Francesco a déclaré qu'il avait senti une décharge "de la tête aux pieds", quand Claudia lui a avoué qu'elle avait un amant. "Je l'ai attrapée par les épaules. Puis ce fut le trou noir. J'ai repris mes esprits quand j'ai vu le sang par terre", a-t-il déclaré.

L'enquête a révélé le caractère volage de la victime qui cherchait des aventures sur le net dès le mois d'avril 2017. "Elle avait de nombreuses conversations à caractère sexuel, avec plusieurs personnes, mais elle a rencontré F.", ont déclaré les policiers qui ont analysé le GSM de a victime. Les policiers ont interrogé F. "Il a reconnu avoir entretenu des relations avec la victime depuis un mois, tous les deux jours. Ils s'étaient rencontrés sur internet. Il est venu chez elle et ils ont eu une relation dans le lit conjugal. Ensuite, ils ont eu des relations chez lui ou ailleurs. Elle avait des sentiments mais lui voulait s'amuser", explique un policier.

Lorenzo Di Francesco soupçonnait sa compagne d'avoir un amant. Il la questionnait, elle bottait en touche. Un soir, il s'est mis à prendre en photos toutes ses conversations SMS avec F. Outre des messages, il y a avait aussi des photos coquines où elle dévoilait les parties les plus intimes de son anatomie. La tension était grandissante dans ce couple et les disputes étaient fréquentes.

La nuit du 29 au 30 mai 2017, les cris étaient plus forts que d'habitude dans la petite maison familiale de la rue Neuve à Piéton (Chapelle-lez-Herlaimont), au point qu'ils ont réveillé la nièce de Claudia qui vivait chez eux. Elle s'est levée, son oncle frappait sa tante à la tête et était en train de l'étrangler. Ensuite, il s'est rendu dans la cuisine et il a pris un couteau. Il est revenu dans la véranda et il a égorgé Claudia, couchée sur le sol.

Cette scène a été confirmée par le médecin légiste, lundi. "Quand les coups de couteau ont été portés, elle était encore vivante car des projections de sang ont été constatées sur la scène de crime. Ces coups ont été portés quand la victime était couchée, probablement dans un état d'inconscience après avoir été étranglée car aucune lésion de défense n'a été relevée sur le corps de Claudia. La carotide a provoqué une très forte hémorragie et le coup porté en dessous de l'oreille était mortel"

Lundi, lors de l'instruction d'audience, l'accusé a déclaré certaines choses qu'il n'avait pas encore dites, il prétend avoir des flashs. Mardi, son avocat sera attentif aux déclarations des experts en santé mentale au sujet de la contrainte irrésistible. La cour entendra aussi la nièce de la victime, témoin de cette mise à mort, et l'amant de la victime.

Le couple Di Francesco - Barbone vivait ensemble depuis dix-sept ans. Ils ont eu trois enfants qui vivent chez leur grand-mère. Le couple, qui avait des soucis financiers, donnait l'apparence d'un couple uni. Détenu sous bracelet électronique, l'accusé déclare qu'il a rencontré une autre femme depuis sa sortie de prison.