Les témoins des faits survenus le 1er février 2010 à La Louvière sont venus témoigner devant la cour d’assises. Jymmi Durieux, Michaël Liégeois et Gérard Dujardin sont accusés du meurtre de Jacques Hermail, commis le 1er février 2020 à La Louvière. Jacques Hermail a été brûlé vif dans son appartement, rue des Carrelages, après avoir été aspergé d’un pétrole lampant.

En début de soirée, un couple s’est disputé sur la rue des Carrelages. Ils ont croisé les accusés qui criaient comme des ivrognes. Quelques minutes plus tard, l’un d’eux est sorti de chez Jacques pour leur demander d’aller se disputer ailleurs. Il semblait nerveux. Ces témoins ont fait défaut, lundi.

Vers 21h, un voisin est passé devant la maison de Jacques. "Son volet était ouvert, ce qui n’était pas habituel. Jacques était assis à la table, il semblait avoir bu. Deux autres hommes se trouvaient dans la maison, un chauve assis à la table et un homme, porteur d’une doudoune et d’un sac à dos, qui marchait nerveusement", a-t-il déclaré à la police.

Ce témoin a vu trois hommes sortir de la maison, quelques minutes plus tard. Il n’a pas pu les identifier sur panel photographique. Il n’est pas venu témoigner devant la cour.

Après avoir bouté le feu, les trois accusés se sont rendus dans un snack. La tenancière se souvient de trois hommes qui sentaient "le mazout" et qui étaient fortement alcoolisés, au point que l’un d’eux est tombé quand il a voulu aider un livreur à soulever un sac. Ils étaient aussi très bruyants et ils se disputaient, se souvient le témoin.

Après avoir mangé, seul Jymmi est retourné à la rue des Carrelages, chez Jacques qui l’hébergeait. Les autres sont allés dans un café. Jymmi a appelé les secours, une heure trente après les faits.

Deux secouristes se sont rendus chez Jacques, peu après 22h30, "pour aider une personne grièvement brûlée", comme l’avait indiqué le dispatching.

"Une personne nous attendait sur le seuil de la porte. La victime était assise à la table de la salle à manger. La personne nous a dit qu’elle avait mis la victime sous la douche", déclare un secouriste, qui se souvient de la présence de pétrole dans toute la maison, en raison d’une forte odeur.

Jymmi Durieux a raconté aux secouristes qu’il avait déshabillé Jacques et qu’il l’avait placé sous la douche, suivant les conseils de la personne qu’il avait eu au téléphone lors de son appel au 112.

Interrogé par le président de la cour d’assises, Jymmi Durieux déclare que Jacques Hermail est sorti seul de la douche et qu’il ne lui a rien mis sur les épaules. Sur une photo prise dans l’ambulance, Jacques Hermail est vêtu d’un simple essuie de couleur noire. Selon les urgentistes, ce linge ne leur appartient pas, car ils n’utilisent que des draps blancs.

Au moment d’entrer dans l’ambulance, la victime a demandé si elle allait dormir longtemps, car un médecin avait suggéré de le mettre dans un coma artificiel. "Il était conscient, mais il avait du mal à s’exprimer", a déclaré un ambulancier. Selon les secouristes, Jymmi Durieux ne semblait pas perturbé.