Les témoins auditionnés par la cour d'assises du Hainaut ont confirmé que Muriel Bauduin était régulièrement battue par son compagnon, Alexandro Carucci. Ce dernier est accusé de l'avoir tuée le 13 août 2017 à Binche, et de lui avoir porté des coups en janvier et en avril 2017. Muriel Bauduin et Alexandro Carucci se sont connus dans un centre d'accueil pour SDF à La Louvière. Très vite, ils se sont mis en couple. Muriel était bien vue dans le centre tandis qu'Alexandro était craint des autres résidents car il se vantait d'avoir fait de la prison. C'est aussi lui qui ramenait de l'alcool et de la drogue dans le centre, pourtant prohibés.

Il battait régulièrement Muriel. Un jour, cette dernière a refusé de se rendre à l'hôpital pour le contrôle de sa médication car elle souffrait de dépression. L'infirmier s'est alors déplacé au centre mais Muriel refusait de sortir de sa chambre, cachant son visage tuméfié derrière des lunettes noires. Son visage avait doublé de volume. Dans le centre, d'autres résidents savaient qu'elle était battue mais personne n'a rien dénoncé.

Le couple a ensuite emménagé dans l'appartement de la rue du Cygne. Le jour de la signature du bail, le 24 avril, Muriel portait encore des traces de coups sur le visage. Elle a raconté qu'elle avait été impliquée dans une bagarre en ville. Plus tard, elle a confié, par téléphone, à l'agent immobilier qu'elle avait été battue par Alexandro.

Le 19 juillet, elle a revu un ami d'enfance et son épouse dans un café à Binche et leur a raconté son calvaire. Elle a toutefois refusé que ses amis la déposent chez elle, craignant la réaction d'Alexandro. Le 13 août, alors que son ami Georges la raccompagnait chez elle, l'accusé s'est énervé soupçonnant ce dernier d'avoir une relation avec Muriel. Il a mis Georges dehors et frappé Muriel qui est décédée sous les coups, avant de jeter son corps dans le canal. Le 14 août, un pêcheur a découvert le corps de la victime qui flottait sur l'eau, le visage gonflé et les yeux tuméfiés.

Muriel Bauduin avait perdu sa confidente, sa mère

Les enfants, l'ex-mari, le père et le frère de la victime, Muriel Bauduin, tous parties civiles, ont également témoigné devant la cour d'assises du Hainaut. L'ex-mari se souvient d'une femme courageuse, coquette et très attachée à la famille avec laquelle il a eu trois enfants, même si les aléas de la vie ont provoqué la séparation du couple. 

Leur fille aînée, en pleurs, qui ne voulait initialement pas témoigner devant la cour, avait coupé les ponts avec sa maman ces dernières années, ne supportant pas qu'elle boive. "Elle avait l'alcool destructeur", a surenchéri l'ex-mari de la victime. Leur fils en revanche avait gardé contact avec sa mère qui lui a présenté Alexandro Carucci. Les deux hommes ont bu des verres à Mons et une bagarre a éclaté lorsque l'accusé a demandé où il pouvait trouver de la cocaïne, celui-ci ayant en tête de demander cinquante euros à Muriel.

L'autre fille du couple côtoyait également encore la victime. C'est elle qui est intervenue le 12 août 2017 lorsque sa mère a tenté de se jeter par la fenêtre de son appartement. "Je savais qu'elle avait des problèmes avec lui mais pas à ce point", a-t-elle dit. La jeune femme s'est souvenue du fait que sa mère voulait s'en sortir mais que sa rencontre avec Alexandro n'avait fait qu'empirer les choses.

Le frère de la victime a quant à lui avoué que, s'il avait été mis au courant du quart du calvaire vécu par sa sœur, c'aurait été lui dans le box des accusés. "Je n'aurais jamais toléré qu'un individu traite ma sœur comme ça", s'est-il exprimé. Le témoin a expliqué que Muriel Bauduin n'avait qu'une seule confidente, sa mère, mais que celle-ci était décédée.

Enfin, la victime ne se confiait pas à son père mais celui-ci l'aidait financièrement. Il a expliqué avoir payé la caution de l'appartement dans lequel sa fille a été battue à mort ainsi qu'avoir avancé l'argent pour payer la voiture avec laquelle le corps a été transporté pour être jeté dans le canal à Seneffe. Les membres de sa famille se sont accordés à dire que Muriel était une "maman en or". L'accusé ne les a pas regardés et ne s'est pas excusé non plus.