C'est grâce à deux caméras, l'une fixée sur une entreprise chimique et l'autre sur une étude notariale, que les enquêteurs ont pu suspecter Alexandro Carucci d'avoir commis un meurtre, le soir du 13 août 2017 au soir. Le 14 août 2017, un corps était repêché dans le canal à Seneffe dans la matinée. Il s'agissait d'une femme qui avait des traces de coups sur le visage. L'endroit était désert mais, grâce à une caméra fixée sur une entreprise, de l'autre côté de la rive, les enquêteurs ont pu examiner le mouvement d'une voiture sur le quai du canal, entre 22h30 et 22h33, le 13 août.

Des traces de sang frais sur le béton et entre le quai et l'eau ont été relevées par les enquêteurs, une instruction a alors été ouverte au parquet de Charleroi. Le 16 août, la victime était identifiée par ses proches grâce à un tatouage sur la cheville. Cette dame vivait dans un appartement situé à la rue du Cygne, dans le centre de Binche, avec Alexandro Carucci, lequel n'avait pas signalé la disparition de sa compagne à la police, bien qu'il était au courant de sa mort car l'enquête a prouvé qu'il avait consulté un article dans le journal, le 15.

Une perquisition a été menée dans cette maison et des traces de sang ont été mises en évidence grâce à un produit chimique, le Bluestar. Ce produit a aussi mis en évidence des traces de sang dans la voiture de l'accusé et sur ses vêtements. Les enquêteurs ont exploité une caméra située sur la façade d'une étude notariale, un peu plus loin dans la rue. Cette caméra, combinée à celle d'une entreprise, a permis aux enquêteurs de dresser une ligne du temps.

Le dimanche 13 août, à 18h17, le couple rentre des courses et entre dans la maison sur laquelle la police avait placé des scellés car, le 12, Muriel avait menacé de se jeter par la fenêtre. A 18h45, Muriel est assise à l'entrée de son habitation. Six minutes plus tard, Alexandro sort de la maison et vide quelque chose dans l'égout. Il parle à Muriel qui détourne le regard. Elle part ensuite en ville avec un voisin et revient à 19h34. C'est la dernière fois qu'elle est vue vivante.

A 21h01 et 21h56, Alexandro quitte sa maison à deux reprises et fait des manœuvres avec sa voiture. Ils rentrent ensuite chez lui. A 22h01, Alexandro court vers sa voiture avec un sac en main. Il ne porte plus les mêmes vêtements qu'à 18h45. Il quitte la rue du Cygne à 22h12. Trois itinéraires sont possibles vers Seneffe, l'un dure 18 minutes. C'est probablement la Fiat orange qui a été filmée à 22h30 le long du canal. Pour l'accusation, c'est une certitude.

L'agression a été violente et a duré un certain moment, selon le médecin légiste

La cour d'assises du Hainaut a auditionné le médecin légiste qui a pratiqué l'autopsie du corps de Muriel Bauduin. Selon lui, les coups portés ont été violents, mortels et ont duré un certain temps. Quand le corps de Muriel Bauduin a été repêché dans le canal à Seneffe, le 14 août 2017, le docteur Duverger a été appelé pour procéder à un examen externe du corps. Le médecin a relevé un énorme traumatisme facial avec un œdème volumineux au niveau de l'œil gauche. Des lésions ont aussi été constatées à l'arrière du crâne.

Le corps a été emmené à l'hôpital pour être autopsié. A ce moment, les enquêteurs ignoraient l'identité de la victime. Un sévère traumatisme crânien et un traumatisme encéphalique, "incompatibles avec un état de survie" ont été mis en évidence, ainsi que de nombreuses fractures comme si on avait fracassé le crâne contre une surface plate.

Selon le médecin, Muriel, qui avait un taux d'alcool supérieur à trois grammes par litre de sang, était probablement inconsciente avant de pousser son dernier souffle. Il n'a pas pu déterminer le nombre de coups mais, selon lui, la scène a duré un certain temps et a été violente.

Alexandro Carucci, en aveux des coups, a déclaré qu'il avait jeté le corps en bas de l'escalier. Le médecin légiste émet deux hypothèses, soit c'est faux, soit la victime était déjà morte car aucune lésion n'a été relevée sur le corps. Les lésions ne sont qu'encéphaliques. Une chose est certaine, la victime était morte quand elle a été jetée dans l'eau.

Ce mardi, la cour auditionnera les experts en santé mentale et les premiers témoins des faits et de moralité.