Alexandro Carucci a été interrogé, lundi matin, par le président de la cour d'assises du Hainaut au sujet des faits commis la nuit du 13 au 14 août 2017 à Binche. Il ne conteste pas les coups portés à Muriel Bauduin mais, par contre, il conteste l'intention d'homicide. Les coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner seront plaidés par la défense. Stressé, bègue, Alexandro Carucci s'est présenté à la cour. Il avait trois ans quand ses parents se sont séparés. Pas vraiment intéressé par les études, il a travaillé, fait des formations, s'est mis en ménage, a eu une petite fille et fait du sport. "Les femmes sont mon gros problème. J'allais à gauche, à droite", dit celui qui avoue avoir donné des gifles à la mère de sa fille. "J'ai tout foutu en l'air, comme d'habitude."

Après la séparation, Alexandro Carucci s'est mis à boire et à consommer de la drogue. Sans domicile fixe, il a été hébergé dans un centre d'accueil à La Louvière où il a rencontré Muriel Bauduin, la victime. "Tout allait bien, elle me plaisait, c'était une femme propre mais l'alcool nous a détruit. Je ne savais pas que c'était une ancienne alcoolique et je l'ai remise dedans."

Ils buvaient tous les deux et lui avait l'alcool violent, il le savait. Alexandro Carucci a porté des coups à Muriel, notamment les 21 janvier et 18 avril 2017 qui ont fait l'objet de deux plaintes déposées par la victime. Alexandro Carucci et Muriel Bauduin se sont mis en ménage à la rue du Cygne à Binche au cours de l'année 2017. Au début, tout allait bien selon l'accusé. "Elle payait le loyer et je m'occupais du reste", dit-il. Ils étaient tous deux au chômage ou en job intérimaire. Le couple était libre, selon l'accusé. "J'allais voir d'autres femmes et elle d'autres hommes."

L'accusé dit avoir passé la journée du 13 août avec sa fille. "Après être passé chez le Paki pour prendre du whisky, je suis rentré à la maison et c'était le bordel. Elle est arrivée avec un homme, avec lequel elle avait une histoire, et on s'est disputé. Je ne sais pas pourquoi on s'est disputé mais il devait y avoir plein de trucs."

Alexandro Carucci raconte que Muriel titubait sous l'effet de l'alcool. Lui avait bu une demi bouteille de whisky, de la bière forte et fumé des joints. Il raconte que Muriel s'était saisie d'un couteau. "J'étais fou de rage, j'ai pris le couteau et je l'ai désarmée. Je ne sais plus si j'ai frappé dans les murs ou quoi. Tout dans ma tête s'est chamboulé, je ne sais pas ce qui m'a pris et je l'ai frappée jusqu'à la mort. J'ai pris son pouls et elle était morte. J'ai appelé une amie qui m'a dit d'appeler la police. J'ai pensé à ma fille que je n'allais plus revoir."

Alexandro Carucci a embarqué le corps dans sa voiture et il l'a balancé dans le canal à Seneffe, un endroit qu'il fréquentait enfant. "Je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête. J'ai fait n'importe quoi, je n'ai rien organisé." Il est rentré chez lui, après être allé voir une amie. "Je lui ai dit que j'avais fait une bêtise, que j'avais porté des coups à Muriel et qu'elle était décédée." Il a rencontré un autre témoin, lequel a constaté des traces de sang sur son pantalon. Une fois chez lui, il a regardé des sites pornographiques mais il ne s'en souvient pas.

Le 14 août, il a nettoyé la scène de crime pour effacer les traces. Au même moment, le corps de Muriel était repêché dans le canal. Il n'a été identifié que quarante-huit heures plus tard par sa famille. Le 16 août, il a échangé des SMS avec la fille de Muriel, déclarant ne pas savoir où la quadragénaire se trouvait. Le 17 août, il a été arrêté par la police lors d'un contrôle sur la chaussée de Mons à Binche. "Je me suis énervé parce qu'un policier a pointé son arme vers ma fille âgée de six ans", dit-il, très remonté.

Comme l'a rappelé Me Behogne, avocat de la défense, Alexandro Carucci ne conteste pas les coups portés à Muriel Bauduin mais, par contre, il conteste l'intention d'homicide. Les coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner seront plaidés par la défense.