Dans notre région, de nombreux permis ont été cassés sur recours au Conseil d'État.

"Quand la loi ne peut plus rien pour vous, il vous reste un recours, un seul, l'Agence Tous risques!" annonçait le générique de la célèbre série télévisée. Juste avant l'agence Tous Risques, il y a donc le Conseil d'État, dernier recours possible dans le cadre légal. Si la Ville de Mons compte y retourner pour l'éolienne d'H&M dans le zoning de Ghlin, bon nombre de communes ou de riverains y ont déjà fait appel ces dernières années pour contester d'autres projets éoliens.

On se rappelle notamment la précédente mandature wallonne et son ministre Philippe Henry qui voulait mettre les bouchées doubles pour développer l'énergie renouvelable, accordant des permis tous azimuts au point d'irriter certains pouvoirs locaux.

C'était le cas notamment du projet éolien sur le plateau du Scaubecq, à cheval entre Soignies et Braine-le-Comte. Six éoliennes devaient y être plantées, il n'y en a eu finalement eu que deux sur le zoning de Soignies après une longue sage ponctuée par plusieurs recours au Conseil d'État.

À Gottignies également, le bourgmestre Benoît Friart était monté au front pour s'opposer à un projet éolien qui allait selon lui et l'avis de nombreux riverains défigurer la petite Suisse rhodienne. La Ville avait ainsi pu faire annuler par le Conseil d'État un permis accordé sur recours par l'ancien ministre de l'Environnement. Des recours au Conseil d'État qui ne permettent pas toujours de mettre fin à la polémique, car l'institution ne se prononce uniquement que sur la forme. Ainsi, pour Gottignies, le Conseil d'État avait cassé un premier permis en septembre 2013. Le ministre Henry en avait alors introduit un nouveau en tenant compte des remarques du Conseil d'État. Mais il était cassé à son tour un an plus tard.

Quand ce ne sont pas les pouvoirs locaux qui montent au front, ce sont les riverains qui font le boulot. Pour Marches-lez-Ecaussinnes, le collège communal n'avait pas tenté le coup en 2013, ne nourrissant pas de grands espoirs de pouvoir casser le permis accordé une fois de plus sur recours par le ministre Henry. Des riverains s'étaient donc chargés des démarches et avaient finalement obtenu gain de cause.

Depuis, les projets polémiques sont devenus plus rares. Le gouvernement wallon a changé tant son fusil d'épaule que le cadre légal afin de pouvoir implanter des éoliennes plus près des zonings et des autoroutes. De nouvelles éoliennes ont ainsi été dressées dans la région ces derniers temps. D'autres pointent le bout de leur mât. Et le vent ne devrait pas tourner alors que les autorités ambitionnent de réduire drastiquement les émissions de CO2. Reste à voir si les prochains projets auront l'aval des pouvoirs locaux et des riverains, ou bien s'ils prendront, une nouvelle fois, la direction du Conseil d'État.