Une fois de plus, les associations de défense des animaux ont été confronté à la cruauté humaine. En début de semaine, pas moins de sept associations ont été mobilisées lors d’une intervention requise à Fernelmont (province de Namur). Le propriétaire de l’habitation avait quitté cette dernière en juillet 2020 pour partir à l’étranger et n’est plus jamais revenu. Il a laissé derrière lui un âne, un poney, un cochon, un mouton, un bouc, des chats, des oies, des perruches et un impressionnant nombre de pigeons entre les mains du voisinage.

C’est finalement grâce à ces voisins, qui ont continué à nourrir les animaux, que l’alerte a pu être donnée et que l’Unité du Bien-Être Animal (UBEA) a pu ordonner leur saisie. Les animaux ont été dispatchés au sein des différentes associations. Les quelque 90 pigeons emprisonnés dans leurs cages et volières ont ainsi été pris en charge par l’asbl morlanwelzienne Au Bonheur de Vica. "En parcourant la zone, les équipes des associations ont immédiatement compris qu’un nombre très important de pigeons était pris au piège dans diverses cages et volières", relate Animaux en Péril.

© D.R.

"Intégralement recouverts de fientes, les pigeonniers étaient rongés par les insectes et gardaient enfermés plus de 90 pigeons. Les animaux se sont reproduits entre eux pendant des mois et la surpopulation a engendré de graves problèmes hiérarchiques qui ont coûté la vie à plusieurs individus. Entassés les uns sur les autres, ces pigeons tentaient de survivre sans pouvoir se déplacer à leur convenance ni même pouvoir étendre les ailes. Beaucoup d’entre eux sont maigres et ont besoin de soins."

Des soins qui ont d’ores et déjà débuté du côté de l’association, spécialisée dans les colombidés. « À leur arrivée, nous avons malheureusement vite compris de l’ampleur de la situation », témoignent Franck Lorigiola et Aurore Serpenti. "Nous avons dépêché nos équipes de bénévoles vers le centre et à l’ouverture des caisses de transport, nos craintes se sont vérifiées : nous y avons découvert des colombidés à l’état squelettique, sous alimentés, déshydratés, dans des conditions sanitaires désastreuses, victimes des plaies et d’hémorragies."

© D.R.

Certains volatiles n’ont malheureusement pas survécu à cet enfer, victimes d’hémorragies et d’infections qui rongeaient leurs pattes. Pour les survivants, le chemin de la guérison sera probablement long. Il sera de même pour le reste des animaux qui présentaient de graves signes de négligence ayant entrainé des douleurs et des difficultés de déplacement. La ministre compétente, Céline Tellier, dispose désormais de deux mois pour confirmer que les animaux saisis resteront confiés aux refuges mobilisés.

La police a par ailleurs dressé un PV pour infraction au code wallon du bien-être animal. Le propriétaire pourrait être poursuivi au pénal ou administrativement. Si le Parquet décide de prendre la main dans cette affaire, il pourra renvoyer le propriétaire devant le tribunal correctionnel. Celui-ci risque de 8 jours à 3 ans de prison et/ou une amende pouvant s’élever à 1 million d’euros. Si le Parquet ne poursuit pas, la main reviendra alors au fonctionnaire sanctionnateur qui pourra infliger une amende pouvant aller jusqu’à 100.000 euros, mais également un retrait de permis de détention d’animaux.