Depuis l’année scolaire 2019-2020, l'école communale de Naast propose un projet pédagogique innovant : les robots au service des mathématiques et des sciences. Les matières, souvent détestées des jeunes enfants, deviennent plus chouettes à apprendre. C’est d’ailleurs le but premier de cette méthode : apprendre en s’amusant.

L’école communale de Naast est pionnière en la matière. Première établissement à le proposer en Wallonie, l’initiative vient en réalité de Benoît Naveau. "J’ai été moi-même professeur d’une classe de primaire", explique le techno-pédagogue. "Je sentais certains élèves démotivés en venant dans ma classe et c’est la pire chose qu’il peut arriver pour un professeur. Je me suis intéressé à plusieurs techniques moins traditionnelles, et je suis tombé sur le codage et la robotique." Avec sa classe, Benoît Naveau a même représenté la Belgique à un concours organisé à Bordeaux. Sa méthode a commencé à faire ses preuves.

Depuis septembre 2019, les classes de cinquième et sixième primaire, et plus récemment les quatrièmes, ont cours de robotique toutes les deux semaines. Les enfants apprennent d’abord à monter la structure du robot via des plans. Les petits découvrent ainsi, par la manipulation, ce qu’est un robot. "Ils ont tendance à croire qu’un robot a une forme humaine", constate Benoît Naveau. "Je leur montre que ce n’est pas forcément le cas."

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Dans un second temps, les enfants sont réunis en petit groupe de quatre et chacun a ses fonctions. "Ils font face à des défis et des problèmes à résoudre", déclare la directrice, Samantha Delhaye. "L’objectif est que les élèves maîtrisent les moteurs et capteurs pour résoudre des missions complexes et pour se projeter dans les solutions concrètes du monde réel." Par le travail de groupe, les petits communiquent ensemble et une véritable collaboration s’installe.

C’est ce qu’ils appellent les compétences du 21ème siècle. Dans un monde où l’informatique prend de plus en plus de place et, où le travail en équipe est essentiel, les petits sont familiarisés avec leur futur environnement, mais pas que… "Le but n’est pas de créer des informaticiens en herbe", avoue Benoît Naveau. "Par ce cours, ils apprennent à connaître d’autres métiers comme la création de logo pour nos casquettes, gérer les budgets, etc. C’est aussi l’occasion d’éviter les décrochages scolaires." La méthode montrerait de bons résultats également sur les enfants présentant des troubles.

Ces pratiques du monde de demain sont parfois difficiles à faire comprendre dans un enseignement qui, selon Benoît Naveau, aurait du mal à évoluer. C’est pourquoi le techno-pédagogue est soutenu par l’Université de Mons. En effet, une chercheuse essaie de prouver à travers sa thèse les bienfaits de ce dispositif.

L’école communale de Naast tirera le bilan à la fin de la formation d’ici trois ans. Mais l’objectif est clair : offrir ce cours à l’ensemble de ses élèves, de la maternelle à la sixième primaire.